Alstom et GE se passent la bague au doigt… mais pour combien d'emplois ?

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Alstom et GE se passent la bague au doigt… mais pour combien d'emplois ?
@ SEBASTIEN BOZON / AFP
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Le fleuron industriel français passe officiellement sous pavillon américain. Et tous les doutes ne sont pas levés sur l'emploi.

Ca y est, la fusion est terminée. Alstom, fleuron de l'industrie française, passe (en partie) sous pavillon américain. General Electric (GE) boucle lundi le rachat de la branche énergie de d'Alstom (soit 70% de son chiffre d'affaires), pour un montant d'un peu plus de 8 milliards d'euros. "Nous avons créé une nouvelle structure pour l'entreprise qui démarre", a déclaré le patron de GE, Jeff Immelt, lors d'un point presse.

>> Mais quels seront les conséquences en termes d'emplois de ce rachat ?

Un géant de 120.000 employés, dont 20.000 en France. A première vue, la fusion est une belle opération pour l'emploi hexagonal. "C'est une bonne affaire pour GE et pour la France", a martelé Jeff Immelt. La structure GE/Alstom rassemble désormais plus de 120.000 employés, dont près de 20.000 en France. La France écope aussi de deux grands sièges mondiaux du groupe : celui des énergies renouvelables et celui de l'activité "réseaux". Et il va surtout y avoir des créations d'emplois nets très bientôt. D'une part, 500 emplois vont être délocalisés des Etats-Unis vers la France, grâce à l'obtention d'un crédit auprès de la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface), un organisme qui garantit les contrats d'exportation des entreprises françaises.

1.000 créations de postes, nets… Mais General Electric prévoit surtout la création d'ici 2018 de 1.000 emplois nets, notamment 200 dans le digital, et d'autres dans les énergies, "le regroupement des services partagés et dans un programme leadership", peut-on lire sur Les Echos. "Nous avons toujours des idées d’investissement. Dans le digital, nous allons commencer avec 200 personnes, mais cela peut grandir. Il y a aussi beaucoup d’opportunités dans la santé", poursuit également le Jeff Immelt dans le quotidien économique. General Electric promet aussi de créer en France un centre de développement de logiciels industriels et des emplois dans l'activité éolien en mer.

>> Pour notre éditorialiste Nicolas Barré, ce rachat est le signe que l'industrie et l'innovation ont de l'avenir en France :


Alstom : quelles leçons tirer de ce feuilleton ?par Europe1fr

… et 2.000 suppressions ? Il n'empêche : sans les chiffrer ni en donner les modalités, GE assure qu'il y aura des doublons de postes et qu'ils devront être supprimés. "Pour les syndicats, cela signifie des suppressions massives d'emplois, notamment au siège de Levallois. Le cabinet Secafi craint 10.000 suppressions de postes chez GE, soit un sur six, dont 2.000 en France. Des chiffres que GE nie", rapporte Le Figaro. Comptabilité, ressources humaines, informatique… Les syndicats redoutent une hécatombe.

D'autant que la conjoncture n'est pas particulièrement rayonnante pour un géant de l'énergie. La part de charbon, où Alsom/GE est très présent, dans l'énergie mondiale va se réduire. Le cours du pétrole chute et la Chine, partenaire commercial de premier choix, voit son activité ralentir. Mais GE reste optimiste. Il investit des milliards dans les énergies renouvelables. Et Jeff Immelt ne voit pas un tableau si noir que ça : "les marchés sont volatils et la demande d’électricité croît faiblement, mais il existe une demande pour les pays qui démarrent leur électrification, par exemple le Pakistan ou l’Egypte. L’électricité n’est encore accessible qu’aux deux tiers de la population mondiale. Et la demande de services reste robuste".