Air France va se serrer la ceinture

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Air France va se serrer la ceinture
Air France-KLM pourrait envisager de nouvelles mesures d'économies. Le directeur général du groupe reçoit lundi les syndicats.
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Sur fond de turbulences, le patron de la compagnie a reçu les syndicats lundi.

Dette élevée (près de 6 milliards d'euros), concurrence féroce des low cost et un cours de Bourse qui s'est effondré (-55% en neuf mois), Air France-KLM vit une situation délicate. Pour "discuter des mesures qui pourraient être nécessaires dans ce contexte", Pierre-Henri Gourgeon, directeur général de la compagnie, a reçu lundi les syndicats.

S'il s'est refusé à tout "catastrophisme" est a assuré qu'"aucun plan social n'est prévu à l'heure actuelle", le DG de la compagnie franco-néerlandaise a annoncé sa volonté de "poursuivre la réduction des coûts". Un premier plan, baptisé "Challenge 2012", a permis d'économiser 595 millions d'euros sur l'exercice 2010/2011.

De nouvelles mesures drastiques pourraient suivre selon un syndicaliste qui a requis l'anonymat : non renouvellement des départs naturels, pas ou très peu d'embauches, plus grande mobilité des personnels et appel à la sous-traitance, notamment.

Lancement d'une base à Marseille

Ces décisions pourraient être prises alors que la compagnie aérienne a déjà annoncé fin juillet qu'elle ramènerait la croissance de ses capacités long-courrier de 5,1% à 2,7% à l'hiver 2011. De même, Air France-KLM a réduit son offre sur l’Egypte et la Tunisie de près de 40%, rappelle Les Echos.

Pour contrer la concurrence des low cost, Air France lancera en octobre sa première base de province à Marseille. La compagnie proposera des billets moins chers grâce à une nouvelle organisation de travail. Cependant, si la compagnie a trouvé un accord avec les pilotes, les discussions avec les syndicats d'hôtesses et stewards semblent au point mort, ce qui pourrait compliquer la mise en place de cette nouvelle structure.

Lors du prochain Conseil d'administration, le 15 septembre, le groupe devrait par ailleurs annoncer la commande d'une centaine de long-courriers, dont une majorité en options pour éviter une sortie de trésorerie. Les administrateurs devraient également nommer très prochainement un nouveau directeur général d'Air France, afin de préparer la succession de Pierre-Henri. Gourgeon, 65 ans, qui dispose actuellement de la double casquette de patron d'Air France-KLM et d'Air France.

Les analystes pessimistes

La compagnie est, de toute façon, déjà dans le rouge. Elle a annoncé en juillet une perte de 197 millions d'euros au premier trimestre de son exercice, contre un bénéfice net de 736 millions d'euros un an plus tôt, dans un environnement "incertain". Résultat : Air France-KLM a subi les foudres des marchés financiers.

Vendredi, l'action a évolué à 6,637 euros, après une descente aux enfers quasi ininterrompue depuis son dernier pic à près de 38 euros en mai 2007. Depuis le 24 janvier, l'action de la deuxième compagnie aérienne européenne en terme de chiffre d’affaires a chuté de 51% contre 27% pour Lufthansa et 39% pour IAG, l’entité issue de la fusion de British Airways et de l'espagnole Iberia. Les analystes ne se disent pas confiants. Ils estiment que la compagnie pourrait s'avérer particulièrement vulnérable en cas de rechute de l’économie.