Affaire Volkswagen : et les autres constructeurs ?

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Affaire Volkswagen : et les autres constructeurs ?
@ SEBASTIEN-BOZON/AFP
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Pour l'heure, les concurrents de Volkswagen tentent de lever tout amalgame. Les enquêtes se multiplient. 

Volkswagen est-il seul à tricher sur la pollution ? Alors que le scandale s'étend, les autres constructeurs automobiles européens tentent d'éviter l'amalgame. Mais comme le souligne Drew Kodjak, responsable de l'ONG qui a découvert la supercherie, une tricherie chez les autres marques n'est pas "exclue".

De quoi est accusé Volkswagen déjà ?Volkswagen, qui possède également les marques Audi, Skoda, Porsche, Lamborghini, Seat, Bugatti et Bentley, reconnaît avoir doté quelque 11 millions de véhicules diesel d'un logiciel sophistiqué capable de détecter automatiquement à quel moment ils étaient soumis à un test de mesure anti-pollution des autorités. Ce petit logiciel espion enclenchait un mécanisme interne de limitation des gaz polluants permettant aux véhiculex de passer le test sans encombre et de se voir décerner un certificat de bonne conduite écologique.

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Comment réagissent les constructeurs Français ? Les constructeurs français, pour leur part, soutiennent le souhait du gouvernement d'organiser des tests à l'échelle de l'Europe. Confrontés à la dégringolade de leurs actions en bourse, ils tentent de lever tout amalgame. L'ouverture d'une enquête "permettra de confirmer que les constructeurs français respectent les procédures d'homologation en vigueur dans tous les pays où ils opèrent", a assuré le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA) dans un communiqué.

Même souhait chez PSA Peugeot Citroën, où un porte-parole explique à l'AFP que le groupe automobile français "respecte les procédures d'homologation en vigueur dans tous les pays où il opère". "Renault est une entreprise légaliste. Nous respectons en tout point les réglementations et législations en vigueur sur nos marchés", lui fait-on écho chez le constructeur au Losange. Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, a assuré ne pas être "si inquiet que ça" des répercussions du scandale Volkswagen sur l'ensemble de l'industrie automobile.

Et à l'étranger ? Hors Hexagone, l'équivalent du CCFA au Royaume-Uni, le SMMT, a également réagi. Selon lui, il "n'y a aucune preuve que les constructeurs trichent sur le cycle" européen. Lui aussi se dit favorable à la mise en place de nouveaux tests. La polémique "ne touche actuellement qu'une entreprise, et envisager qu'elle concerne un secteur, une industrie entière ou l'économie allemande dans son ensemble n'est que pure spéculation", tempère auprès de l'AFP la fédération de l'industrie allemande BDI. Daimler a immédiatement pris ses distances, en précisant n'être visé par aucune enquête. "Nous n'avons aucune indication à ce stade" sur l'implication d'autres constructeurs, a renchéri le ministre des Transports allemand, Alexander Dobrindt.

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Volkswagen a installé un dispositif pour détecter les tests de pollution sur certaines voitures diesel. © PATRICK PLEUL / DPA / AFP


Personne n'est exempte de doutes. Il n'empêche, les soupçons pèsent désormais sur tout le monde. A commencer par ceux des marchés : vers 16h, l'action Renault perdait ainsi 6,39% et le titre Peugeot 7,47% à 14,05 euros. A Milan, Fiat Chrysler Automobiles (FCA) cédait 4,25% à 12,18 euros, tandis qu'à Wall Street, General Motors baissait de 2,61% à 29,82 à dollars, et Ford de 3,14% à 13,87 dollars. On est encore loin de la dégringolade de Volkswagen (-18% lundi, -19% mardi) mais c'est bien tout le secteur qui est fragilisé.

Et d'autres révélations pourraient bientôt arriver. Les Etats-Unis ont étendu leurs enquêtes aux autres constructeurs vendant des diesels. Et en Europe, sans attendre une éventuelle enquête communautaire, l'Allemagne, l'Italie et la France ont déjà lancé leurs propres investigations. Or, selon une enquête de l'association Transport et environnement, d'autres marques, comme BMW, Citroën, Opel ou Mercedes, explosent les plafonds de pollution autorisés par l'Union européenne. Elles ont pourtant, elles aussi, étaient soumises à des tests.

"En réalité, nos premiers tests avaient été menés en Europe et avaient déjà montré un écart important entre le taux réel d'émissions de gaz et celui officiellement enregistré par les autorités", confirme à l'AFP Drew Kodjak, responsable de l'ONG  qui a découvert la supercherie aux Etats-Unis. Et celui-ci de conclure : "cet écart peut avoir beaucoup d'explications et tenir notamment à une zone grise dans la procédure de test en Europe. Mais il appartient aux régulateurs du continent de déterminer s'ils sont oui ou non en présence d'un logiciel trompeur".