"Victoria" : le mélange des genres fait bon ménage

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"Victoria" : le mélange des genres fait bon ménage
A l'affiche du film "Victoria", on retrouve notamment Virginie Efira et Melvil Poupaud.@ Ecce Films
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Le nouveau film de Justine Triet sort mercredi en salles, emmené par le trio Efira-Lacoste-Poupaud.

Trois ans après le remarqué La bataille de Solférino, Justine Triet revient avec Victoria, un nouveau long-métrage, en salles mercredi. Sélectionné à la Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes, le film raconte l'histoire d'une avocate (Virginie Efira) un peu perdue sur le plan professionnel et amoureux. Elle va profiter d'un procès, où elle défend un ami à elle (Melvil Poupaud) et de l'arrivée de Sam, un ancien client (Vincent Lacoste), pour remonter la pente.

En prenant comme situation le 6 mai 2012, La bataille de Solférino était déjà l'illustration d'une petite histoire dans la grande. Alors que François Hollande gagnait l'élection présidentielle et commençait l'écriture de son destin de président, Vincent et Laetitia se déchiraient. Le commencement d'une histoire, les restes d'une autre. Victoria fonctionne sur le même schéma. D'un côté il y a Victoria Spick, avocate pénaliste qui enchaîne les galères dans sa vie privée. De l'autre, un procès très médiatique auquel elle participe, où son client-ami est accusé de meurtre.

À la fois dramatique, comique et romantique. Tout cela pourrait être très sérieux. Le film à tous les critères pour être un long chemin vers une rédemption professionnelle et une réhabilitation sentimentale. Mais Justine Triet navigue en terre fantaisiste, dès le premier plan du film. Et la cinéaste a une qualité évidente, celle de ne pas s'en tenir à un genre précis. Victoria n'est pas vraiment définissable, tant le long-métrage prend tour à tour des accents parfois dramatiques, comiques ou romantiques.

C'est là toute la force du cinéma de Justine Triet, de ne pas s’essouffler grâce à des glissements constants entre les genres. À l'image des séquences de procès, où la tension dramatique est systématiquement désamorcée par le comique, comme lorsqu'un chien et un singe sont entendus comme témoin dans une affaire de meurtre. Un balancement constant, qui donne son rythme au film.

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Efira et Lacoste, sans surprises. Le glissement, le petit dérapage vers l'inconnu, c'est pourtant ce qui manque aux personnages. Certes, Victoria va évoluer au contact de Sam et vice-versa, mais pour le spectateur qui connaît déjà les deux acteurs, il reconnaîtra sans difficulté la partition de chacun. Virginie Efira jouant un énième rôle de femme paumée et Vincent Lacoste n'arrivant pas à se détacher de son image de séducteur un peu maladroit qui s'ignore. À mesure que Victoria avance, on entre dans une zone de confort et le film perd un peu en spontanéité dans ses dernières minutes.

Pourtant, cette petite mélodie au goût de "déjà-vu" n'empêche pas le film d'être très plaisant. Justine Triet continue ainsi de tracer une route singulière au milieu du cinéma français.