Un Vinci controversé star des enchères d'automne à New York

  • A
  • A
Partagez sur :

Le Salvator Mundi de Léonard de Vinci, en vente mercredi à New York, est au cœur d'une bataille entre un milliardaire russe et un marchand d'art. 

Il y aura des Chagall, Van Gogh, Picasso et Warhol aux ventes aux enchères d'automne qui se sont ouvertes lundi à New York. Mais la vedette de cette édition 2017 sera le Salvator Mundi de Léonard de Vinci, au cœur d'une bataille, qui sera mis en vente mercredi.

Reconnu comme un authentique Vinci en 2005. La maison Christie's avait annoncé en octobre qu'elle mettrait en vente le 15 novembre ce tableau. "C'est exceptionnel, car il n'y en a que seize dans le monde et c'est le seul, en mains privées, qui est totalement de la main de l'artiste", souligne Loïc Gouzer, responsable de la vente, au micro Europe 1 de Diane Shenouda.

La maison d'enchères a estimé à 100 millions de dollars la valeur de cette toile de 65 cm sur 45 cm, vendue pour 45 livres seulement en 1958, bien avant qu'elle ne soit reconnue comme un authentique "Leonardo", en 2005. "C'est un très beau tableau. Chaque fois qu'on le regarde, on dirait qu'il est différent, comme une molécule instable. Au 17e siècle, quelqu'un a rajouté de la peinture dessus. On pense que c'est probablement parce que le personnage du tableau était très androgyne et à l'époque, c'était un problème", explique le responsable de la vente.

Un tableau sur-estimé ? Le milliardaire Dmitri Rybolovlev, oligarque exilé qui préside le club de football de l'AS Monaco, accuse le marchand d'art suisse Yves Bouvier, qui devait l'aider à investir quelque 2 milliards de dollars en œuvres d'art, d'avoir pris des marges exorbitantes sur les tableaux qu'il lui procurait. Le Salvator Mundi, Christ "sauveur du monde", peint aux environs de 1500, serait la preuve flagrante de cette escroquerie : Yves Bouvier aurait acheté le tableau chez Sotheby's pour 80 millions de dollars en 2013, et l'aurait revendu à Dimitri Rybolovlev pour 127,5 millions. Certains ont supputé qu'en remettant ce tableau aux enchères, le milliardaire russe, dont la bataille avec Yves Bouvier se déroule désormais devant les tribunaux, espère démontrer que le prix qu'il a payé était largement surestimé. Yves Bouvier nie pour sa part tout méfait.

"Une oeuvre d'art extraordinaire". Christie's refuse tout commentaire sur cette controverse. "Regardez ce tableau, c'est une oeuvre d'art extraordinaire, c'est là-dessus qu'il faut se concentrer", assure son responsable des tableaux anciens, François de Poortere. Pour attirer les riches collectionneurs, le "Salvator Mundi" a voyagé à Hong Kong, Londres, New York et San Francisco. Pour accentuer encore l'"effet Vinci", Christie's vendra le tableau aux côtés d'une oeuvre gigantesque d'Andy Warhol, Sixty Last Suppers. Reproduisant 60 fois la célèbre "Cène" du maître italien, elle est estimée à 50 millions de dollars.