Thomas Dutronc : "Django Reinhardt est mon Dieu depuis très longtemps"

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Le chanteur et musicien et une pléiade d'invités sont réunis au Cirque d'Hiver à Paris pour encore deux concerts exceptionnels, samedi soir et dimanche après-midi. Au programme : Django mais pas que !

INTERVIEW

Il y aura un bar sur scène, mais surtout une flopée de musiciens. Pour les spectacles Esprit manouche au Cirque d'hiver, Thomas Dutronc a réuni musiciens et amis pour trois dates, de vendredi à dimanche. Invité dans l'émission Europe 1 Music Club, enregistrée pour l'occasion au studio Bleu dans le 10e arrondissement de Paris où la troupe était en répétition, Thomas Dutronc a fait un vibrant hommage à Django Reinhardt, qui a une place particulière dans le spectacle.

"Le plus virtuose". Django Reinhardt est mort en 1953 mais est "l'un des seuls musiciens européens qui a influencé les Etats-Unis en musique", souligne Thomas Dutronc qui fait lui-même partie des "gens qui jouent Django dans le monde entier". Parmi tous les amis qui l'accompagnent ce week-end figurent Raoul Chichin, Rocky Gresset et d'autres musiciens qui "ont tous des petites choses" du guitariste manouche que Dutronc qualifie de génie. "Il avait la main gauche brûlée, il jouait à deux doigts et c’est le guitariste le plus virtuose qui m’ait été donné d’entendre", commente-t-il, admiratif. "Il a été influencé par plein de choses : le classique avec Bach, Ravel, De Bussy. Quand il a grandi, la musique populaire c’était la valse musette avec accordéonistes et banjos, puis le jazz est arrivé en France dans les années 20. Il a fait son mélange avec sa culture tzigane. Il a fait son style, a amené une poésie."

"Ce n'était pas du tout mon univers". Adolescent, Thomas Dutronc n'était pas encore tombé sous le charme de la potion Django. "J’aimais le funk, le rap, le rock, le disco. Vers 18 ans, quand j’ai commencé la guitare, je me sentais immature. J’ai rencontré un type qui était passionné de jazz, moi ce n'était pas du tout mon univers." Puis il commence à écouter de la chanson française, Brassens, Brel, Ferré, Salvador, de la musique classique, puis certains morceaux de jazz. "Quand j’ai découvert Django, j’ai découvert que j’étais un fou de guitare depuis toujours."

Un autographe ? La passion du jazz et de l'homme est, depuis, chevillée au corps du fils de Jacques Dutronc et François Hardy, si bien qu'il avoue timidement qu'il "aimerait bien avoir un autographe" de Django. A défaut, il a piqué une guitare de son père qui aurait appartenu au maître du jazz manouche. Le spectacle, qui fera aussi appel à d'autres chansons d'artistes, comme certaines de Lennon ou des chansons de Thomas Dutronc "pas chantées depuis longtemps", devrait poser les bases pour une tournée en France.