Tahar Rahim : "Mon personnage est le trait d'union entre la mort et la vie"

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Dans Réparer les vivants, l'acteur jour un infirmier coordinateur qui propose un don d'organes. C'est selon lui un "film d'amour" qui n'est "pas militant" mais qui interroge.

INTERVIEW

Il est le seul acteur à avoir remporté le César du meilleur espoir masculin et celui du meilleur acteur pour son rôle dans Un prophète en 2009. Mercredi, Tahar Rahim sera à l'affiche du nouveau film de Katell Quillévéré, Réparer les vivants. Pour évoquer son personnage, le comédien était l'invité d'Europe 1 dans Un dimanche de cinéma.

Dans ce film, adapté du roman de Maylis de Kerangal, on voit au départ des jeunes gens qui font du surf. En repartant, fatigués de leur session, ils ont un accident. Le jeune Simon se retrouve alors en état de mort cérébrale. Un infirmier coordonnateur, joué par Tahar Rahim, va proposer aux parents effondrés de faire un don d'organes. De l'autre côté du prisme médical, une femme, Claire, attend un cœur.

"Le trajet d'un cœur". Ce médecin coordinateur a "la position la plus délicate de tout ce relais médical." A la lecture du scénario, "je n’avais absolument rien à redire. J’ai été assez conquis par le personnage et l’histoire. Mais c’est surtout un film de fiction, un film d’amour sur le don de soi qui raconte le trajet d’un cœur de manière physique et métaphorique puisque le jeune Simon est un cœur amoureux et le personnage d’Anne Dorval (Claire) va recevoir un cœur amoureux dans un corps amoureux."

"Un ange investi d'une mission". Pour se préparer, l'acteur est allé régulièrement à l’hôpital Necker, pendant un mois. "Ça me ramène à imaginer mon personnage comme un ange sur Terre investi d’une mission. Il est un peu comme un passeur, le trait d’union entre la vie la mort, la mort et la vie." Pour sa force émotionnelle, le rôle n'était pas simple à jouer. Tahar Rahim considère qu'il ne devait pas se laisser emporter pour ne pas manger l'espace émotionnel du spectateur. Pour lui, le film n’est "pas militant mais il invite le spectateur à se questionner" sur le don d'organes.