Stéphane Bern : "Je traite la reine d’Angleterre comme je traite ma boulangère"

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Invité sur Europe 1, l'animateur est revenu sur son éducation parentale qui ne le prédestinait pas à devenir un animateur passionné d'Histoire.

INTERVIEW

Avant d'être anobli par la reine d’Angleterre et de se mouvoir dans les hautes cours, Stéphane Bern a été un enfant qui avait rêvé de cette vie, au milieu d'une famille modeste qui le regardait d'un œil inquiet. L'animateur s'en est ouvert dans l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie.

La fascination de la monarchie. Sa fascination pour la monarchie est aussi connue que les personnages qu'il présentent. Mais l'animateur en est certain, "tout le monde" garde un fond de fascination pour ses familles royales. "Je vois que les Français aiment les présidents qui se comportent comme des monarques", argumente-t-il en soulignant au passage que "les pouvoirs régaliens du président son bien supérieurs à ceux qu’avait Louis XIV", monarque absolu. Pourtant rien ne prédisposait Stéphane Bern, enfant, à porter aux nues cette histoire royale alors qu'il grandissait dans une famille austère où la télé était interdite.

"J'ai été élevé très durement". Dans son foyer, il fait alors office de vilain petit canard, en étant un enfant différent de celui que ses parents espéraient. Un sentiment partagé par d'autres hommes de télévision : "Quand je l’ai écrit la première fois, Thierry Ardisson m’a dit la même chose. Michel Drucker a fait un livre 'Qu’est-ce qu’on va faire de toi ?’. Moi j’entendais ça tout le temps. J’étais bon en histoire, pas très bon en langue. J’ai été élevé très durement, mais ça m’a préparé à être à l’aise partout, dans toutes les situations. Je traite la reine d’Angleterre comme je traite ma boulangère. Il n’y a aucune raison d’être snob. J’ai été très bien élevé. Mes parents s'inquiétaient pour mes études", révèle l'animateur.

Entendu sur Europe 1
Emmanuel Macron est venu inaugurer le collège. Notre amitié date à peu près de là.

"Je me suis imaginé une vie". Son frère aîné le regardait aussi comme un personnage étrange. "Les trois me regardaient. C’était une sorte de rébellion. Je me suis imaginé une vie qui n’était pas celle qu’on m’imposait." Cette vie prend corps chez ses grands-parents maternels au Luxembourg, qui lui enseignaient la généalogie des rois et l’Histoire de la vieille Europe. "C’était le bonheur absolu". Luxembourg était "le paradis" de son enfance. Malgré les inquiétudes parentales, il achève des études brillantes, entre une prépa HEC et l'école de commerce de Lyon. Il passe des étés zélés au château de Versailles en dépassant sa fonction d'hôte d'accueil chargé d'indiquer les toilettes, est un temps secrétaire du Comte de Paris puis devient journaliste et animateur.

"Il ne restera rien du Stéphane Bern de la télé". Son devoir, dit-il, est désormais tourné vers la sauvegarde du patrimoine bâti, si riche en France mais en proie à l'abandon. Il a fait l'acquisition du collège royal de Thiron-Gardais dans le Perche. "Emmanuel Macron est venu inaugurer le collège. Notre amitié date à peu près de là", commente l'animateur. Ce collège est sa pierre à l'édifice du patrimoine. "Il ne restera rien du Stéphane Bern de la télévision, ni de la radio. Il restera un monument, joyau du patrimoine, que j’aurais sauvé. Pour en assurer la pérennité, j’ai même créé une fondation qui porte mon nom. Donc je me déposséderai de tout. Après moi, ce sera à la fondation de maintenir ce patrimoine, pour que ça reste ouvert au public".

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