Notre top 7 des meilleurs biopics politiques

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Notre top 7 des meilleurs biopics politiques
Capture d'écran du film First Date@ Allociné
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Elizabeth II, Nelson Mandela et désormais Barack Obama, tous ces grands dirigeants ont un point commun : un film qui leur a été consacré.

L'histoire d'amour entre Michelle et Barack Obama vous fait rêver ? Vous pourrez retrouver ses prémices dans un film romantique, First Date, en salles mercredi. Mais l'actuel président n'est pas le seul grand dirigeant à voir une période de sa vie portée sur grand écran. Europe 1 vous propose une sélection des meilleurs biopics de chefs d'État.

  • Un long chemin vers la liberté de Justin Chadwick (2013)

Le destin a voulu que ce film, qui met en scène la vie de Nelson Mandela, sorte le jour-même de la mort de son personnage principal, le 5 décembre 2013. Le film de Justin Chadwick retrace le parcours hors du commun de ce jeune Sud-Africain né au sein de la famille royale des Thembus. Installé à Johannesburg, il ouvre le premier cabinet d'avocats noirs et devient l'un des leaders de l'ANC (le Congrès national africain). Il combat l'apartheid et milite pour l'égalité. Un engagement qui lui vaut de passer 27 ans en prison. Mais sa femme Winnie le soutient et prend elle-même une part active dans la lutte. À sa sortie de prison, il devient le premier président noir d'Afrique du sud et milite pour la paix.

Avec une histoire aussi mythique, comment résister à l'envie d'en faire un film ? Le réalisateur britannique s'est attelé à la tâche avec plus ou moins de succès et dans des conditions parfois difficiles. On lui a parfois reproché d'avoir mis en scène un symbole vivant et non un homme. Une dimension que l'on retrouve malgré tout dans le jeu du Britannique d'origine sierra-léonaise et ghanéenne, Idris Elba. Parmi les trois acteurs qui incarnent Nelson Mandela à l'écran, c'est lui qui tire le mieux son épingle du jeu. Ce qui lui a d'ailleurs valu une nomination pour le Golden Globe du meilleur acteur dans un drame.

  • La dame de fer de Phyllida Lloyd (2012)

Meryl Streep se glisse dans la peau d'une femme aussi respectée que crainte : Margaret Thatcher. Elle a été la première femme Premier ministre du Royaume-Uni (de 1979 à 1990). Il a fallu attendre le 13 juillet dernier pour qu'une autre femme, Theresa May, occupe ce même poste. Le film met en scène une vieille dame de 80 ans, installée dans une maison de retraite londonienne, qui se souvient de ses heures de pouvoir. De l'épicerie familiale au 10 Downing Street, le spectateur suit l'itinéraire d'une femme qui a fait nombre de sacrifices pour arriver sur la plus haute marche de son pays.

La performance de Meryl Streep est unanimement louée, elle a d'ailleurs reçu sept prix pour ce rôle dont l'Oscar de la meilleure actrice. Mais l'angle adopté par la réalisatrice ne l'est pas forcément.  En cherchant à humaniser la pionnière du libéralisme à marche forcée en Europe, ce qui lui a valu ce surnom de "dame de fer", Phyllida Lloyd laisse de côté la mécanique du pouvoir. Un portrait que le premier Ministre de l'époque David Cameron n'a pas hésité à critiquer, rappelle Télérama.

  • La conquête de Xavier Durringer (2011)

Le 6 mai 2007, deuxième tour de l'élections présidentielle. Nicolas Sarkozy est nerveux et ne cesse d'essayer de convaincre sa femme Cécilia de le rejoindre pour partager le résultat tant attendu avec lui. En attendant d'être proclamé chef de l'État, l'ancien ministre de l'Intérieur se remémore les moments forts de son ascension, depuis avril 2002. Son itinéraire politique se mêle à sa vie privée, deux domaines dans lesquels Cécilia tient une bonne place. Une intrigue que le scénariste Patrick Rotman résume en une phrase : "C'est l'histoire d'un homme qui conquiert le pouvoir et perd sa femme".

Des répliques cinglantes entre les trois personnages et une belle interprétation des principaux comédiens (Denis Podalydès en Nicolas Sarkozy, Bernard Le Coq en Jacques Chirac et Samuel Labarthe en Dominique de Villepin) en font une sorte de drame burlesque. Nicolas Sarkozy est humanisé sans être ridiculisé et chaque personnage trouve sa place.

  • W. l'improbable président d'Oliver Stone (2008)

Oliver Stone retrace l'itinéraire mouvementé de George W. Bush, des beuveries de sa période étudiante jusqu'aux marches de la Maison Blanche en passant par la rencontre déterminante avec sa femme. Un biopic qui fait la part belle aux reconstitutions de scènes avérées et parfois terribles sans filtre. Le film met également en scène la relation tumultueuse entre Bush junior et Bush senior qui l'aurait aidé à parvenir au sommet de la première puissance américaine tout en préférant ouvertement son autre fils, Jeb.

De l'avis général, Oliver Stone n'a pas signé-là son chef-d'oeuvre. Il n'arrive pas au bout de son propos et ne tranche pas sur le rôle politique de George Bush. Le réalisateur dresse un portrait assez équilibré sans complaisance mais sans hargne. L'acteur Josh Brolin qui interprète le président a réussi à reproduire ses mimiques, manières de parler et autres tics. Et à la décharge du réalisateur, il aurait été sans doute téméraire de sortir un film biographique mordant sur un personnage politique encore en exercice.

  • The Queen de Stephen Frears (2007)

Pas de large fresque sur le règne de la reine d'Angleterre dans ce film. The Queen montre un moment de tension dans la monarchie britannique : la mort de la princesse rebelle Lady Diana en 1997. Queen Elizabeth II reste de marbre lorsqu'elle apprend ce drame. Elle ne compte rien changer au protocole habituel et reste silencieuse dans son château écossais de Balmoral. Mais l'émoi que cette nouvelle suscite auprès de son peuple et l'insistance du
Premier ministre Tony Blair la font fléchir. La reine consent à montrer un peu de compassion. Stephen Frears livre là une tragédie qui confine parfois vers la comédie et décrit les coulisses des institutions politiques monarchiques.  

Helen Mirren a endossé le profil sévère et le brushing impeccable de la reine qui détient le record du plus long règne de l'histoire pour une reconstitution réussie. Elle livre une interprétation mesurée de la cohabitation qui existe entre monarchie et république. Cette intrigue qui mêle archives et fiction a été saluée par la critique avec pas moins de treize prix (dont l'oscar de la meilleure actrice pour Helen Mirren) et 30 nominations.

  • Le promeneur du Champs de Mars de Robert Guédiguian (2004)

Le président Mitterrand est sur la fin de son mandat. Affaibli et malade, il se lie d'amitié avec un jeune journaliste qui espère lui tirer des leçons universelles sur la vie, la mort, les femmes, la politique. Mais le vieil homme n'a rien à lui donner. Passé, présent et futur se confondent dans ce long combat vers la mort. Le réalisateur Robert Guédiguian ne fait pas de reconstitution. Il ne suit pas le schéma du biopic traditionnel et s'inspire d'un roman pour se concentrer non pas sur un bilan de mandats mais un homme dont le nom, même s'il est évident, n'est jamais cité.

Le film est marqué par une image morne et grise de la France qui laisse toute la place à un Michel Bouquet, qui interprète François Mitterrand, magistral. La subtilité de son jeu pourrait même desservir le film tant elle prend le pas sur le personnage. D'autant plus que le journaliste idéaliste campé par Jalil Lespert ne parvient pas à soutenir le face-à-face. Ni un portrait à charge, ni une hagiographie dans Le Promeneur du Champs de Mars mais l'histoire d'un homme de pouvoir sur la fin et en proie aux doutes

  • JFK d'Oliver Stone (1991)

Le 22 novembre 1963 est un jour de deuil pour tous les Américains. Le président John F. Kennedy vient d'être assassiné. Le coupable est arrêté tout juste vingt-quatre heures après son forfait mais il ne cesse de clamer son innocence. Il n'aura pas le temps de se défendre plus longuement puisque Lee Harvey Oswald est lui-même tué par un propriétaire de boîte de nuit. Le président Johnson lance alors immédiatement une enquête dirigée par Earl Warren. Trois ans après qu'elle ait désigné Oswald comme seul coupable, un district-attorney (sorte de juge d'instruction) mène sa propre enquête et découvre que le président a en réalité été victime d'un complot mené en partie par le vice-président de l'époque Lyndon Johnson.

Oliver Stone a choisi de mêler images d'archives et enquête à l'époque du district-attorney. Un choix qui a déplu aux puristes puisque tout y est fictif, les "archives" ont été fabriquées pour l'occasion. Le réalisateur brouille les pistes en utilisant le format d'image de l'époque, 4:3 et son grain caractéristique. D'ailleurs lors de la sortie du film, le célèbre journaliste télévisé américain Walter Cronkite aurait déclaré que tout était faux. Accusé d'avoir rajouté et malmené les faits, Oliver Stone a publié quelque temps plus tard une version annotée de son scénario pour justifier ses choix.

Quoi qu'il en soit le film a eu un véritable impact politique puisque l'année suivante, une loi visant à rendre public certains documents relatifs à l'assassinat de JFK a été votée. Une enquête du Congrès a même établi "une probable conspiration dans l'assassinat de JKF", raconte Alexandre Adler dans L'Opinion. Comme quoi, le cinéma peut parfois changer l'histoire.