Non, le boa constricteur ne tue pas par suffocation

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L'"arrêt circulatoire" est beaucoup plus efficace, rapide et définitif pour entraîner la mort de la proie que la strangulation, ont mis en évidence des chercheurs américains. 

On a tout faux sur les boas constricteurs. Depuis longtemps, on pensait que les boas entouraient leurs proies pour les étouffer. Mais des scientifiques américains viennent de mettre fin à cette idée reçue. Le boa enserre sa victime pour empêcher son sang de circuler. L'équipe scientifique a en effet enregistré pour la toute première fois la pression artérielle et l'activité du cœur de rats (anesthésiés) alors qu'ils sont étreints par de tels serpents. Ces mesures montrent que le fait de serrer la victime réduit sensiblement la pression artérielle des rongeurs, suffisamment pour arrêter l'irrigation des organes vitaux en sang et donc en oxygène, apprend-on dans Le Journal de biologie expérimentale. Très concrètement, quand un boa resserre son corps autour de sa proie, la pression artérielle de la victime chute et les vaisseaux sanguins commencent à se fermer.

Cet "arrêt circulatoire", expliquent les scientifiques, est beaucoup plus efficace, rapide et définitif pour entraîner la mort de la proie que la strangulation. Ce manque d'oxygène normalement apporté par le sang aux organes vitaux détruit en effet rapidement les tissus du cerveau, du cœur ou du foie. Comme l'a également spécifié l'un des chercheurs chargés de cette étude, réduire ainsi l'irrigation du cerveau peut entrainer la perte de conscience en quelques secondes.

Si les serpents s'enroulent autour de la gorge de leurs proies, cela peut aussi contribuer à empêcher la respiration. Mais la mort entraînée par le ralentissement de la circulation du sang est beaucoup plus rapide que celle entrainée par la suffocation. Une découverte qui fait dire aux chercheurs que c'est plutôt cette première cause qui doit être considérée comme déterminante dans la mort de la proie.

Dans une précédente étude, la même équipe de scientifiques avait révélé que les serpents étaient capables de sentir battre le cœur de leur victime et qu'ils étaient ainsi en mesure d'arrêter de les mordre lorsqu'ils sentaient le cœur s'arrêter.