Michaël Youn : "Ce personnage qui pète les plombs, j’essaye de le restreindre"

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Agitateur, le comédien change de registre dans le nouveau film d'Olivier Marchal, "Carbone". Il dit s'assagir même si son personnage excentrique fait partie de sa personnalité.

INTERVIEW

Dans une première vie, il a joué la carte de la provocation, d'abord avec le Morning live, puis avec des albums de parodies de rap et enfin au cinéma avec des films potaches comme La Beuze ou Les 11 commandements. Michaël Youn, revient au cinéma mais change de registre. Il a été choisi par Olivier Marchal pour son polar Carbone qui sort en salles mercredi, avec Benoît Magimel, Gérard Depardieu et Laura Smet. "Je suis très fier de ce film même si ce n’est pas un rôle principal et un registre dont on n’a pas l’habitude de me voir."

"Les meubles par la fenêtre". Car son registre, c'était plutôt les grosses blagues, le bruit. Il est celui qui agite et s'est fait une réputation. "A Lille, je suis un peu persona non grata parce que j’ai fait quelques bêtises dans les hôtels. J’aimais bien imaginer que j’étais une star du rock qui changeait un peu le mobilier... plus ou moins par la fenêtre." Il arrive aussi qu'on lui refuse d'ailleurs une location de vacances. "On imagine que je vais transformer la maison en piscine, que je vais passer tous les meubles par la fenêtre alors que je ne le fais presque plus. C’est une étiquette que je me suis collé. Elle m’a ouvert des portes formidables, en a fermé d’autres", décrit-t-il. "Je n’ai pas pris le chemin le plus direct pour bosser avec Jacques Audiard."

Entendu sur Europe 1
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’ai fait quelques bêtises dans les hôtels. J’aimais bien imaginer que j’étais un star du rock qui changeait un peu le mobilier.
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"Peur que ça me rende un peu fou". Pourtant, tout aurait pu être plus lisse avec au départ, un master de management. Mais il se sent étouffer, prend la tangente grâce au théâtre classique. Pour vivre, il travaille aussi dans une radio. "Je me suis trouvé un personnage de comique, plus énergique. Ça me venait naturellement. Je me suis pas inventé ce personnage qui pète les plombs. Il est naturel chez moi mais j’essaye de le restreindre, c’est mon diable qui me joue des tours." Il dit d'ailleurs s'être "assagi avec la paternité, les 40 piges…" Il a notamment stoppé ses exhibitions télé. "J’ai eu peur que ça me rende un peu fou, donc j’ai préféré arrêter la télévision. Quand vous voyez tous ces films sur la téléréalité et les ravages que ça peut avoir, vous vous dites, 'est ce que je ne participe pas à ça ?' A un moment vous vous posez la question, 'est ce que je ne participe pas au nivellement par le bas ?'

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Je n’ai pas pris le chemin le plus direct pour bosser avec jacques Audiard.

"C'était éprouvant". Il explique également que l'envie s'était peu à peu émoussée. "On se levait à 3h du mat, c’était éprouvant et j’avais l’impression qu’on commençait à moins s’amuser et je n’avais pas envie de gâcher mes souvenirs et ça me permet d’avoir envie d’en refaire." Un talk show du soir est à l'étude depuis quelque temps déjà mais il doit, dit-il, boucler tous ses projets en cours avant de se lancer pleinement. Mais il a déjà le nom du programme, le "tard tard show" pour parodier le Late late show américain.


Découvrez la bande-annonce du film Carbone :