Marc Veyrat dézingue les "salopards de lobbyistes", responsables de la malbouffe

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Le chef, qui vient d'être triplement étoilé, pousse un vif coup de gueule contre la malbouffe. Pour lui, les marques comme Monsanto et Nutella devraient disparaître.

INTERVIEW

Marc Veyrat vient de décrocher trois étoiles pour la Maison des bois, à Manigod en Haute-Savoie, après l'incendie qui avait ravagé son restaurant en 2015. Le chef au chapeau était l'invité de la matinale d'Europe 1 pour évoquer sa triple distinction. Il en a profité pour pousser une colère et s'insurger contre l'industrie agro-alimentaire qu'il juge destructrice pour la planète et les générations futures.

"Heureusement qu'ils sont là !". Selon les nouvelles règles du Michelin pour 2018, les chefs n'ont pas été prévenus en amont de leurs distinctions. "Il y a quelques informations, quelques fuites, mais cette année, ils ont fait les choses bien. C'est comme les Oscars ! C'est tout nouveau, parce qu'avant, ils nous appelaient trois jours avant", récapitule le chef. Alors oui, il se doutait, mais insiste : "On n'est sûr de rien avec le guide Michelin. Certains disent 'ils me mettent une certaine adrénaline, ils sont là à nous inspecter en douce', dit-il. "Mais heureusement qu'ils sont là !", clame le chef. "On a besoin de ça. On est un peu fou-fou, nous les cuisiniers."

Entendu sur Europe 1
Les gens ne se rendent pas compte qu'ils mangent tout et n'importe quoi. Nutella devrait être supprimé. Monsento devrait être supprimé.

"Investissement du cœur". Pourtant, Marc Veyrat avait lui-même vécu et mis la pression au guide disant que pour lui, c'était trois étoiles ou rien. "C'est clair. J'étais capable du pire. Je veux bien qu'on ait des inspecteurs qui fassent leur travail mais nous aussi, on a des directives à prendre en tant qu'entrepreneur. Les Bras, par exemple, ont dit qu'ils ne voulaient plus d'étoile. C'est très respectable. Je les comprends tout à fait", explique le chef qui n'a lui-même pas voulu être noté entre les deux incendies qui ont ravagé ses établissements. "Monsieur le directeur du Michelin m'a tout à fait compris. Après, j'ai attrapé trois étoiles tout de suite, j'étais content. Il y a une question de retour sur investissement du cœur. C'est du partage la cuisine."

"Les gens mangent tout et n'importe quoi". Le chef, qui invite justement au plaisir, s'insurge contre la malbouffe, son combat. "La cuisine, l'alimentation populaire est un danger aujourd'hui, un danger pour nos gamins et nos petits-enfants' s'insurge-t-il. "Parce qu'il y a une bande de salopards de lobbyistes qui se sont emparés de la planète, qui font de la production et qui mettent la planète en danger avec des saloperies qu'ils mettent dans la terre. Les gens ne se rendent pas compte qu'ils mangent tout et n'importe quoi. Nutella devrait être supprimé. Monsanto devrait être supprimé." Et le chef continue de brosser le tableau négatif : "Les farines sont génétiquement transformées aujourd'hui. Ce n'est pas normal. Il faut donner les informations et les solutions pour que tout le monde ait accès aux produits naturels."