Marc Lavoine : Les "Souliers rouges", "un conte musical pour un ballet"

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Marc Lavoine : Les "Souliers rouges", "un conte musical pour un ballet"
@ JOEL SAGET / AFP
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Béatrice Martin alias Cœur de Pirate et Arthur H accompagnent Marc Lavoine dans Les souliers rouges, un conte musical revisité à partir de l'oeuvre de Christian Hans Andersen.

Marc Lavoine revient sur le devant de la scène, mais ni seul ni pour un douzième album studio. Cœur de Pirate et Arthur H l'accompagnent en effet dans sa dernière production, le conte musical Les souliers rouges. C'est l'histoire d'un triangle amoureux entre une ballerine, un chorégraphe et un auteur, une adaptation à trois voix - et au XXIe siècle - du conte d'Andersen que le chanteur, comédien et auteur, a présenté dans Europe 1 Music Club après sept ans de travail.

Un pacte avec le Diable. Chez Andersen, une jeune fille rêve de devenir une grande danseuse. Elle trouve des souliers rouges qui sont magiques et qui dansent à sa place. Mais si les chaussons font croire qu'elle est une virtuose, ils enferment aussi ses pieds. La jeune fille ne peut plus les enlever et danse jusqu’à l’épuisement. Elle finit par demander à un bûcheron de lui couper les pieds et passe ensuite sa vie en rédemption à s’occuper d’enfants malheureux.

Cette histoire de l'ambition d'une vie qui vire au diabolique, Marc Lavoine l'a modifiée pour lui trouver une "résonance d’aujourd’hui" : dans sa version, un chorégraphe passe un pacte avec le Diable pour retrouver sa gloire grâce à une jeune ballerine nommée Isabelle. Mais il y a une condition : qu'elle ne tombe pas amoureuse...

L'Enfer de Clouzot en référence. "J’ai adapté ce triangle à cause de L’Enfer de Chabrol et L’Enfer de Clouzot" avec Romy Schneider, explique Marc Lavoine. Ironie de l'histoire, sans tomber dans l'inachevé de Clouzot, "le projet a failli être abandonné au départ, confesse Marc Lavoine. On n'avait pas tout à fait trouvé la forme. Je ne savais pas si j’allais jouer dedans", ajoute-t-il. Finalement, la production décide de trouver d'abord la femme qui doit jouer l’héroïne. Le choix se porte sur Béatrice Martin. "Quand j’ai entendu Arthur H chanter du Marguerite Duras avec Lou Marco, j’étais convaincu qu’il irait bien avec Béatrice." Ils acceptent tous les deux les rôles d'Isabelle et du chorégraphe. Marc Lavoine joue l'auteur. 

Du surnaturel dans les voix. Leurs trois voix se redessinent dans le conte : "On chante dans d’autres tonalités, avec d'autres perspectives car on interprète des personnages. C’était intéressant de leur donner une voix un peu extraordinaire, surnaturelle. On est nous, mais on est l’autre." Une autre des difficultés était de trouver la musique "car il ne s’agissait pas de faire une œuvre pop pour une comédie musicale. L’idée, c’était de faire un conte musical pour un ballet" avec au centre le personnage d'Isabelle "entre la Callas et Romy Scheinder. Une sorte d’actrice chanteuse qui est en même temps danseuse étoile". 

L'adaptation scénique. L'album prêt, il reste la question de l'adaptation à la scène. Car aucun des artistes n'est danseur. "Si le disque plaît", Marc Lavoine envisage deux options. Soit le trio fait une série de concerts avec un orchestre et des images de danse et des extraits de films comme La beauté du diable, à l'image du clip de la chanson Vivre ou ne pas vivre . Soit le disque est la bande originale d’un ballet qui doit encore être monté. "Est-ce qu’un chorégraphe européen aura envie de se pencher sur le sujet ?", interroge Marc Lavoine, qui a déjà Les Misérables et  la comédie musicale irlandaise Once en tête.