Les séries qu'il ne fallait pas manquer en 2017

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Les séries qu'il ne fallait pas manquer en 2017
La servante écarlate est l'une des séries les plus réussies de l'année.@ Hulu
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REPLAY - Les vacances de Noël sont l'occasion d'une séance de rattrapage. Europe 1 vous livre ses coups de coeur sur les séries qu'il fallait voir en 2017.

Difficile de se retrouver dans le flot de séries diffusées chaque année. Alors que 2017 touche à sa fin, Europe 1 fait le tri et vous propose une sélection de celles qu'il ne fallait pas manquer.

> Les nouvelles créations

La servante écarlate, brillante et glaçante

S'il ne faut en choisir qu'une, ce doit être celle-ci. The Handmaid's tale : la servante écarlate, inspirée du roman de la canadienne Margaret Atwood, est sûrement l'une des séries les plus réussies de l'année. L'intrigue se déroule dans un futur proche, un monde dans lequel la fécondité, a considérablement baissé. Les Etats-Unis sont devenus la République de Gilead, un régime dirigé par des fanatiques religieux, dans lequel les femmes encore fertiles ont été" attribuées" à des familles de dirigeants du régime. Chaque mois, ces femmes baptisées "servantes écarlates" sont violées par ceux que l'on appelle leurs "commandants". Parmi elles, se trouve DeFred, jouée par la comédienne Elisabeth Moss. Elle porte la série. On suit son récit à la première personne.

Au fur et à mesure des épisodes, les téléspectateurs découvrent comment une société, semblable à la nôtre, a pu basculer dans la dictature. Le récit résonne d'ailleurs comme une mise en garde : les droits des femmes ne sont pas acquis, tout peut basculer. La série, aussi brillante que glaçante, a été récompensée par sept statuettes lors de la dernière cérémonies des Emmy Awards, ces prix prestigieux de la télévision, dont une pour Elisabeth Moss, sacrée meilleure actrice.

Disponible sur la plateforme OCS et prochainement sur HD1.

The Deuce : plongée dans le New York des années 1970

David Simon, créateur de la culte The Wire, a marqué l'année 2017 avec The Deuce, une série qui revient sur l'histoire de l'industrialisation de la pornographie dans les années 1970. Si le thème peut rebuter de prime abord, il serait dommage de passer à côté. Car l'industrialisation du porno n'est pas l'unique sujet de la série.

Dans cette première saison, c'est finalement presque être un prétexte pour offrir au spectateur un voyage dans le temps, et dans une ville : New York. Le spectateur est transporté sur la 42e avenue, une rue surnommée The Deuce, (le diable en anglais ancien), puisqu'on y croisait à l'époque des mafieux, des dealers, et des prostituées. Et c'est de cette faune variée dont nous parle David Simon. Le réalisateur, ancien journaliste, s'est inspiré de l'histoire vraie de jumeaux, observateurs privilégiés de la naissance de l'industrie porno et aux premières loges de trafics en tout genre puisqu'ils tenaient plusieurs bars dans le quartier. Dans la série, ils sont campés par l'acteur James Franco.

Le résultat est réussi. Grâce à des dialogues ciselés, une mise en scène soignée, souvent crue mais jamais vulgaire, le créateur réussit à mettre le doigt sur les failles de la société de l'époque. Une société guidée par l'argent et dans laquelle la femme n'est plus qu'une marchandise, qu'elle soit prostituée ou actrice porno.

Disponible sur la plateforme OCS.

Mindhunter : dans la tête des tueurs en série

Que se passe-t-il dans la tête d'un tueur en série ? Et qu'est-ce qui le conduit à passer à l'acte ? C'est à ces questions que s'attaque Mindhunter, série diffusée en novembre sur Netflix. On y suit un duo de policiers, le jeune et brillant Holden Ford, un sosie d'Emmanuel Macron, et l'aguerri Bill Tench, son collègue. Ils sont les premiers à avoir étudié les serial killers en allant les rencontrer directement en prison, dans les années 1970.

La série très didactique n'a rien à voir avec une fiction policière classique. La progression est lente et il ne faut pas s'attendre à de l'action à proprement parler. La violence, omniprésente, n'est jamais montrée. Elle passe par les dialogues, qui sont particulièrement bien écrits.

Mais Mindhunter n'en n'est pas moins intense et esthétiquement très réussie. Cela tient à David Fincher. Le réalisateur de Seven et de Zodiac produit la série et il est également derrière la caméra, pour les deux premiers et les deux derniers épisodes. Pour apporter du réalisme aux scènes, il a fait appel à une multitude d'effets spéciaux, presque tous indétectables. Il a également plongé ses personnages dans un filtre bleu glacé pour accentuer la tension existante.

Enfin, David Fincher, a veillé à ce que les serial killers ne soient pas perçus comme des dieux, des hommes aussi fous qu'intelligents, capables de déjouer toutes les tactiques des policiers, comme c'est le cas d'ailleurs dans Seven ou Zodiac. Il les décrit plutôt comme des garçons perdus, brisés par une enfance désastreuse, des hommes totalement frustrés qui voient dans le meurtre une façon d'imposer leur toute puissance.

Disponible sur Netflix.

Big Little Lies : série bouleversante avec un casting 5 étoiles

L'autre belle surprise de 2017 est une série adaptée d'un roman de l'australienne Liane Moriarty : Big Little Lies. L'histoire de trois femmes, Madeline, aussi parfaite qu'agacante, Céleste, une ancienne avocate qui se consacre aujourd'hui à ses enfants et Jane, une mère célibataire qui vient de débarquer à Monterey, petite ville cossue de la côte ouest des Etats-Unis. A la suite d'un incident qui survient le jour de la rentrée des classes, leurs secrets les plus intimes vont être petit à petit révélés. Ce point de départ aboutira à un meurtre dont on sait qu'il a eu lieu dès le premier épisode.

Si Big Little Lies est réussie, c'est parce qu'elle compte plusieurs atouts : un casting 5 étoiles avec Nicole Kidman (Céleste), Laura Dern (Renata) ou encore Reese Witherspoon (Madeline), mais également une réalisation très soignée que l'on doit à Jean-Marc Vallée, le réalisateur du film Dallas Buyers Club. Surtout, la force de cette série est de traiter de sujets de société parfois difficiles au travers d'une galerie de portraits. Il est question de la difficulté à être une mère dans une société où l'erreur n'est pas tolérée mais aussi de violences faites aux femmes, de viol et de solidarité féminine. Une série belle et bouleversante.

Disponible sur OCS.

> Les suites

Le Bureau des légendes, saison 3

Retour réussi pour Le Bureau des légendes, la série française d'espionnage de Canal +, qui s'intéresse aux clandestins, ces agents qui sont envoyés à l'étranger sous une fausse identité pour récupérer des informations stratégiques pour la France. La saison 3 démarre en Syrie. C'est là que Mathieu Kassovitz, l'agent Malotru, vient d'être capturé par le groupe Etat islamique. De quoi embarrasser la DGSE,  le service de renseignement extérieur de la France. Doit-il faire libérer son agent ou profiter de sa présence pour recruter une taupe ? C'est le dilemme. 

Eric Rochant, le créateur de la série, signe une saison particulièrement efficace et un peu différente des deux précédentes, car l'action et les rebondissements sont récurrents. Surtout elle continue de nous éclairer sur les enjeux géopolitiques du moment et à creuser la psychologies des personnages en nous montrant des agents aussi doués que tourmentés.

Disponible sur Canal + VOD

The Crown, saison 2 

Elisabeth II continue de porter sa couronne haut sur Netflix. La saison 2 de The Crown, la série qui revient sur les années de règne de l'actuelle reine d'Angleterre, est tout aussi savoureuse que la précédente qui s'intéressait à l'accession au trône de The Queen et à ses débuts timides.

Celle-ci démarre en 1956, juste après la démission du Premier ministre Winston Churchill. La reine a quelques rides en plus, un ton plus affirmé, mais surtout elle doit faire face à de nouvelles crises, celle du Canal de Suez notamment. Elle doit également s'adapter à une société britannique qui évolue et remet en question le manque de modernité de la monarchie.

La saison 2 est aussi efficace qu'un cours d'histoire tant on est plongé dans l'atmosphère et le contexte de l'époque. Mais elle va au delà en donnant à voir ce qu'il se passe derrière les portes de Buckingham Palace. On en apprend notamment beaucoup sur le prince Philip et son enfance marquée par l'internement de sa mère et la mort tragique de sa soeur. Surtout, on assiste aux moments de doutes d'Elisabeth II, campée par une magnifique Claire Foy.

Disponible sur Netflix

Black Mirror, saison 4

Faut-il se méfier des nouvelles technologies ? La série britannique Black Mirror continue d'interroger nos modes de vie en s'intéressant aux conséquences inattendues d'avancées scientifiques ou technologiques dans des épisodes tous indépendants les uns des autres. Au programme de la saison 4 : un musée des horreurs, des rencontres amoureuses programmées ou la traque d'un chien qui sème la mort. L'un des épisodes, Arkangel, est également dédié au contrôle parental.

Dans un futur proche, une mère de famille fait implanter une puce dans la tête de sa fille. Grâce à cette puce, elle peut la géolocaliser en temps réel mais aussi voir ce que la fillette voit et entendre ce qu'elle entend. Surtout, elle exerce un contrôle parental grâce à un mode particulier qui, une fois enclenché, va venir brouiller la vision et l'audition de sa fille lorsqu'elle rencontre une situation violente ou effrayante. Mais la situation va dégénérer.  

L'épisode réalisé par Jodie Foster est assez soigné, bien que son déroulé soit un peu prévisible. Comme la plupart des épisodes de cette saison 4, il a toutefois le mérite de nous amener à réfléchir à la façon dont nous utilisons les nouvelles technologies et à nous alerter sur un usage qui serait totalement inconscient.

Disponible sur Netflix

The Leftovers, troisième et dernière saison

Difficile de qualifier cette série tant elle est à part. The Leftovers est un ovni qui transporte les spectateurs dans une autre dimension. L'histoire : un 14 octobre, 2 % des êtres humains disparaissent de la surface de la Terre, sans que personne ne sache quelle en est l'explication. Trois ans plus tard dans une petite ville des Etats-Unis, les habitants tentent tant bien que mal de continuer à vivre avec cette absence aussi insupportable qu'inexpliquée.  

Un point de départ qui permettra aux créateurs de la série, Damon Lindelof et Tom Perrotta, de parler de la vie, de la mort, du deuil et de la souffrance de ceux qui restent mais aussi de la foi et surtout de l'amour. La saison 3, surement la plus aboutie des trois, confirme que ce voyage, philosophique et métaphysique, n'a nul pareil. La série esthétiquement parfaite, souvent déconcertante, vaut aussi pour la qualité de ses acteurs, les questions qu'elle soulèvent et son final sublime.

Disponible sur OCS.