Le prix Goncourt décerné à Leïla Slimani pour "Chanson douce"

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Le prix Goncourt décerné à Leïla Slimani pour "Chanson douce"
@ Le prix Renaudot attribué à Yasmina Reza pour "Babylone" (jury)
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Leïla Slimani est la douzième femme à remporter le prix Goncourt.

Le prix Goncourt, le plus prestigieux de l'édition francophone, a été décerné jeudi à la Franco-Marocaine Leïla Slimani, 35 ans, pour Chanson Douce (Gallimard), a annoncé le jury.

Une tragédie familiale. Chanson douce, deuxième livre de Leïla Slimani et grand succès de librairie, a été choisi dès le premier tour avec six voix sur dix. C'est un roman terrifiant qui se lit comme un thriller. "Le bébé est mort", c'est ainsi que commence le livre de la romancière née au Maroc. Le bébé a été assassiné par sa nourrice, Louise, une "perle", dévouée, discrète et volontaire, le genre de nounou que tous les parents recherchent. Le bébé est mort et sa sœur, grièvement blessée après s'être "battue comme un fauve", ne va pas tarder à succomber. Leïla Slimani va remonter le cours du temps et tirer un à un les fils de la tragédie.

Le prix Renaudot a pour sa part été attribué à la romancière et dramaturge Yasmina Reza pour Babylone (Flammarion).

Notre chroniqueur littéraire Nicolas Carreau vous parlait de ce livre il y a quelques semaines :


"Chanson douce" de Leïla Slimanipar Europe1fr

 Une large majorité. Peu de femmes ont eu l'honneur du Goncourt ces dernières années: la jeune romancière est la cinquième sur ces 20 dernières années. Déjà grand succès de librairie, le terrifiant Chanson douce de Leïla Slimani, 35 ans, a été choisi par le jury dès le premier tour de vote, avec six voix contre deux à Gaël Faye pour Petit pays, une à Catherine Cusset pour L'Autre qu'on adorait,  et une à Régis Jauffret pour Cannibales

Deux romans. "Je ne m'y attendais pas, je me préparais à ne rien avoir pour ne pas être déçue", a expliqué la jeune romancière, cheveux frisés et grand sourire, après être arrivée dans une énorme cohue au restaurant Drouant, où est traditionnellement annoncé ce prix. Elle a dédié sa récompense à ses parents et étreint son compatriote, l'écrivain Tahar Ben Jelloun, Goncourt en 1987 et juré. En seulement deux romans, la Franco-Marocaine, qui était également en lice pour le Renaudot, s'impose comme une nouvelle voix de la littérature n'hésitant pas à explorer des territoires sombres, de la nymphomanie dans son premier livre, Dans le jardin de l'ogre (2014), au coup de folie d'une nounou bien sous tout rapport dans ce deuxième roman.