"Le livre de la jungle" : le film se démarque-t-il du dessin animé ?

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"Le livre de la jungle" : le film se démarque-t-il du dessin animé ?
@ Capture d'écran
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Le réalisateur Jon Favreau renoue avec l'esprit des romans originaux, de Rudyard Kipling, pour proposer un film plus adulte.

Alors que le long-métrage Le livre de la jungle sort en salles ce mercredi, tout le monde - ou presque - a en tête le dessin animé de 1967. Dans les deux cas, il s'agit d'une adaptation du livre éponyme. Un recueil de nouvelles de Rudyard Kipling, paru en 1894. A la fin des années 1960, Disney avait pris des libertés par rapport à l'oeuvre originale. C'est toujours le cas en 2016, mais le long-métrage de Jon Favreau est plus proche de l'esprit des nouvelles que son prédécesseur.

L'âge adulte. Le film de Jon Favreau adopte une vision beaucoup plus dramatique que le dessin animé de 1967. Scènes d'actions ou de combats, décès de certains personnages, Le livre de la jungle version 2016 donne rapidement le ton. L'histoire du jeune Mowgli est passé dans une autre dimension, plus mature, et dont l'esprit correspond davantage aux nouvelles de Rudyard Kipling. A titre d'exemple, Jon Favreau intègre la scène de "la trêve de l'eau". Absente du dessin animé mais présente dans les livres, cette paix limitée empêche les animaux de se chasser entre eux autour des points d'eau, en raison de la sécheresse qui frappe la jungle.

Les notions de vie en communauté, de lutte hiérarchique et la problématique de l'adaptation de l'homme aux animaux sont ainsi beaucoup plus centrales dans le film de 2016. Ce sont elles qui donnent à la réalisation de Jon Favreau des allures de conte initiatique philosophique. Cet aspect était présent dans le dessin animé, mais de manière moins explicite. Un choix dont l'influence sur les personnages est directe.

Le retour des loups. Vous aimiez la chanson La patrouille des éléphants ? Oubliez là. Elle n'est pas présente dans le film de 2016. Jon Favreau confère aux éléphants le rôle que Rudyard Kipling leur donnait à l'origine : les maîtres de la jungle. Des personnages respectés de tous, mais malheureusement... taiseux. A contrario, d'autres animaux prennent davantage d'importance. Les loups, présents brièvement dans le début de l'intrigue du dessin-animé, font un retour conséquent dans le film. Là encore, Jon Favreau se rapproche des nouvelles de Kipling. Le lien entre Mowgli et les loups est même un des axes centraux de l'intrigue du film.

Le livre de la jungle se prédestine donc, sans doute, à un public plus adulte qu'en 1967, mais rassurez-vous, une chose n'a pas changé. Il en faut peu pour être heureux, est toujours le refrain qui guide la vie de Baloo.