Le film "Kingsman : Le Cercle d'Or" interdit au Cambodge pour offense au pays

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Le film "Kingsman : Le Cercle d'Or" interdit au Cambodge pour offense au pays
Les espions de "Kingsman" déplaisent au gouvernement cambodgien.@ 20th Century Fox
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Les autorités cambodgiennes jugent "inacceptable" la représentation qui est faite du Cambodge dans "Kingsman : Le Cercle d'Or", un temps servant notamment de décor à un lieu de production de drogue.

Le film d'action Kingsman : Le Cercle d'Or a été interdit au Cambodge, le régime autoritaire en place ayant jugé qu'il dépeignait faussement le pays comme un "havre pour les criminels" du monde entier. La comédie hollywoodienne suit une agence d'espionnage britannique partant à la recherche d'un trafiquant de drogue notoire qui se cache dans un temple au milieu de la jungle cambodgienne.

Représentation "inacceptable" du pays. Le film, qui n'a pas été tourné au Cambodge, est jugé "inacceptable" par Bok Borak, en charge du cinéma au ministère de la Culture, confirmant vendredi "l'interdiction de ce film dans notre pays". Non seulement le Cambodge y apparaît "comme un havre pour les criminels", mais le film "présente un de nos temples comme un lieu de production de drogue, où l'on tue des gens", s'énerve le représentant du gouvernement de Hun Sen, Premier ministre au pouvoir depuis plus de 30 ans. Au cœur du débat : la ressemblance du temple du film avec le temple Ta Prohm, à Angkor, qui est déjà l'objet d'une scène dans Lara Croft : Tomb Raider, sorti en 2001.

Anti-américanisme répété. Le Cambodge est connu pour être une plaque tournante du trafic de drogue, au premier rang desquelles métamphétamines et héroïne, mais aussi comme un havre pour les criminels du monde entier en cavale, comme la Thaïlande voisine. Le régime autoritaire de Hun Sen s'est lancé dans une entreprise d'étouffement de l'opposition, arrêtant ou poussant des opposants accusés de fomenter une "révolution de couleur" lors des élections législatives de juillet 2018, avec le soutien de Washington. Hun Sen prononce quasi quotidiennement des diatribes anti-américaines, se posant comme le protecteur de la Nation et de son identité.