"Konbini" et "Face au vent" : les coups de cœur des libraires

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"Konbini" et "Face au vent" : les coups de cœur des libraires
@ DAMIEN MEYER / AFP
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Chaque week-end sur Europe 1, dans "La voix est livre", avec Nicolas Carreau, deux libraires partagent leurs coups de cœur.

DANS VOTRE BIBLIOTHEQUE

Chaque semaine, des libraires extraient des pépites de leurs rayonnages. Ce samedi, Anne-Sophie Rouveloux, de la librairie "Chronique", à Cachan, et Anna Schulmann, de la librairie "L'Ecriture", à Vaucresson, nous dévoilent leurs choix dans La voix est livre, sur Europe 1.

Konbini de Sayaka Murata aux éditions Denoël

"C'est un court roman aux allures de fable cruelle", explique Anne-Sophie Rouveloux. La libraire précise : "Au Japon, un konbini, c'est une supérette ouverte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, toute l'année. L'héroïne, Keiko, travaille dans l'un d'eux depuis 18 ans. Elle a 36 ans, est célibataire, sans enfant. Elle désespère tous ses proches parce qu'elle ne rentre pas dans le moule. Au Japon, à cet âge-là, c'est ce que l'on voit dans le roman, il faut être casé et avoir une vie tracée devant soi. Pourtant, le konbini la structure. Elle dit que c'est une sorte de bulle de verre qui bourdonne de vie et qu'il n'y a qu'au sein de ces murs qu'elle se sent normale. On voit qu'elle-même est déjà un peu en marge mais lutte, achète des vêtements similaires à ses collègues, va dans les mêmes boutiques, écoute ce qu'ils disent entre eux, imite leurs intonations de voix. Elle va rencontrer Shiraha, un employé qui va débarquer pour les aider. Il explique être là pour trouver une femme. Lui est un glandeur total alors qu'elle est bosseuse. Il va finir par se faire virer parce qu'il harcèle les clientes. Il est sordide. Mais Keiko va aller le voir et va lui proposer de dormir chez elle pour qu'il ne soit pas à la rue. Et ça va être la dégringolade."

Face au vent de Jim Lynch aux éditions Gallmeister

"C'est le deuxième roman de cet écrivain traduit en français. Les Johannssen, une famille américaine, vivent dans la baie de Seattle. Ils ne savent pas vivre sans la voile, les bateaux, la navigation. Le grand-père et le père sont obsédés par la compétition. La mère est une scientifique, mathématicienne de haut vol qui est impuissante mais quand même attendrie face à l'obsession de ces hommes à laquelle elle prend part en calculant les trajectoires des bateaux. Il y a aussi les trois enfants, Bernard, Josh et Ruby. Elle, la petite dernière, a un vrai don. Elle fait corps avec les éléments. Elle gagne les courses à coup sûr, ce qui provoque la fierté de ses parents et un peu la jalousie de ses frères. Un jour, arrive une course décisive pour la qualification aux Jeux Olympiques et elle perd pour la première fois, ce qui déclenche un cataclysme. La famille explose. Douze ans plus tard, les enfants sont tous partis aux quatre coins du monde, sauf Josh qui travaille sur un chantier naval. Les parents s'enfoncent dans les regrets de ce qu'aurait pu être leur vie à tous si elle avait gagné cette course. Mais une nouvelle course va les réunir. Elle est l’occasion de régler des comptes tout en mesurant tout l'amour qu'ils se portent. Le livre est drôle, émouvant, avec beaucoup de tendresse. Les personnages sont obsessionnels mais très attachants", conclut Anna Schulmann.