Joseph Andras explique son refus du Goncourt du premier roman

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Joseph Andras explique son refus du Goncourt du premier roman
Avant Joseph Andras, Julien Gracq est le seul lauréat à avoir refusé le Prix Goncourt, en 1951 pour Le rivage des Syrtes. @ LIONEL BONAVENTURE / AFP
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"J'ai tendance, en tant que lecteur, à fuir les ouvrages flanqués d'un bandeau rouge", a souligné le romancier dans l'Humanité. 

Accepter le Goncourt du premier roman aurait été "un frein à l'indépendance d'écriture", affirme le romancier Joseph Andras, distingué par l'Académie Goncourt pour son livre "De nos frères blessés", mais qui a spectaculairement refusé cette distinction enviée par les auteurs.

"Fuir les ouvrages flanqués d'un bandeau rouge". "J'étais mal à l'aise à l'idée d'être pris, sans avoir rien fait pour cela, dans une +course+, une mise en compétition, en concurrence tandis que tout me pousse, au regard de mes conceptions politiques, à refuser ces notions", a expliqué le romancier dans un entretien publié mardi par L'Humanité. "J'ai tendance, en tant que lecteur, à fuir les ouvrages flanqués d'un bandeau rouge. Le livre n'était pas même sorti que je voyais ceci comme un frein à l'indépendance d'écriture que je tiens par-dessus tout à préserver", a-t-il souligné.

"Un simple souci de cohérence". Le refus du Goncourt relève d'un "simple souci de cohérence". "Je me doute que ma réponse sera, ici ou là, mal comprise, déformée, jugée pour ce qu'elle n'est pas : tant pis... Il me tarde seulement que nous cessions de parler de tout ceci", a ajouté l'écrivain. Roman puissant autour de la figure du militant communiste Fernand Iveton, seul Européen exécuté durant la guerre d'Algérie alors qu'il n'avait tué personne, le livre de Joseph Andras, publié par Actes Sud, a reçu le Goncourt du premier roman, mais le romancier, âgé de 31 ans, a refusé cette distinction.

Un "marketing" qui "en dit long". C'est la première fois que le romancier, qui refuse d'être pris en photo ou de donner des interviews, se confie. Il a choisi de s'exprimer, par courriel, dans L'Humanité, journal qu'il lit "régulièrement". Joseph Andras reconnaît avoir été surpris par l'accueil réservé à son livre. Son premier manuscrit, "un roman qui se déroulait entre la Roumanie et l'Union soviétique", avait été refusé par les éditeurs y compris Actes Sud. "J'étais donc loin, bien loin, de m'imaginer que ce texte pourrait faire l'effet d'une +bombe+", a indiqué l'écrivain. "Voir ceci comme du marketing en dit surtout long sur ces gens et notre époque d'image, de spectacle et de médias", a-t-il déploré.