Jean d'Ormesson : Emmanuel Macron préside vendredi l'hommage à "un prince des lettres"

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À l'issue d'une cérémonie privée, l'académicien recevra un hommage national vendredi à midi dans la cour de l'Hôtel des Invalides, sous l'égide du chef de l'Etat.

"Que je sois passé sur et dans ce monde où vous avez vécu est une vérité et une beauté pour toujours et la mort elle-même ne peut rien contre moi." Telles sont les dernière lignes écrites de la main de Jean d'Ormesson, retrouvées sur sa table de travail par sa fille Héloïse, et présentées jeudi soir dans une émission spéciale de La Grande Librairie sur France 5. Trois jours après sa disparition, le plus célèbre des académiciens français aura le droit vendredi à un hommage national, présidé par Emmanuel Macron. Cette cérémonie doit débuter à midi, dans la cour de l'Hôtel des Invalides, mais les invités et la famille se réuniront dès 10h30 pour assister à une cérémonie religieuse.

L'éloge de Jean-Marie Rouart. Les proches de l'écrivain se retrouveront ainsi dans un premier temps, sans Emmanuel Macron, en la cathédrale Saint-Louis des Invalides pour une messe. L'éloge funèbre sera prononcé par l'académicien Jean-Marie Rouart, qui a prévu de saluer une relation longue d'un demi-siècle. "Je vais exprimer l'histoire d'une amitié presque paradoxale, parce que nous venions chacun de mondes totalement différents : lui était aristocrate, moi j'étais un bourgeois. Lui était un homme du 18ème siècle, moi je suis un homme du Romantisme, du 19ème siècle. Surtout, lui était un très brillant sujet, alors que moi, j'ai tellement eu de mal à avoir mon bac", confie le romancier au micro d'Europe 1.

Et pourtant, l'amour des belles lettres a scellé entre les deux hommes une indéfectible complicité. "Cette amitié s'est passée il y a cinquante ans, par le miracle de la littérature. Les gens nous voyaient partir, et se demandaient de quoi on pouvait parler. Nous nous réfugiions dans une planète qui n'était qu'à nous, qui est celle de la littérature. C'est comme une religion, une croyance. Nous parlions sans cesse de Chateaubriand, de Proust, tout un univers qui pour lui était plus important que l'univers réel", rapporte encore Jean-Marie Rouart.

Un adieu au "meilleur de l'esprit français". À l'issue de cette messe, débutera véritablement la cérémonie d'hommage national, à midi, dans la cour de l'Hôtel des Invalides. Le président de la République passera d'abord les troupes en revue, puis prononcera à son tour un éloge funèbre devant le cercueil recouvert d'un drapeau tricolore, comme le dicte le protocole de cette cérémonie traditionnellement réservée aux militaires. Emmanuel Macron mettait jeudi en fin d'après-midi la dernière main à son discours. Mardi, à l'annonce du décès de Jean d'Ormesson, le chef de l'Etat avait déjà salué "le meilleur de l'esprit français, un mélange unique d'intelligence, d'élégance et de malice, un prince des lettres sachant ne jamais se prendre au sérieux".