Adélaïde de Clermont-Tonnerre "fascinée par le miroir entre notre époque et les années 70"

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Adélaïde de Clermont-Tonnerre publie un nouveau roman Le dernier des nôtres qui met en scène une histoire d'amour contrariée. 

INTERVIEW

Six ans après son premier roman, Adélaïde de Clermont-Tonnerre a publié son nouveau livre Le dernier des nôtres chez Grasset, le 17 août. Elle y raconte l'histoire d'un jeune homme adopté de la middle class américaine, Werner, qui vit une grande histoire d'amour contrariée avec une riche héritière et artiste, Rebecca. La romancière fait voyager son lecteur entre le Manhattan des années 70 et l'Allemagne de 1945. Elle, est une artiste rebelle qui essaie de s'affranchir de sa famille. Lui, ne connaît pas ses origines et a tout à prouver. "Sur l'échelle sociale, ils ne sont pas vraiment faits pour se rencontrer, mais c'est souvent quand l'amour est impossible qu'il est le plus excitant", confie sur Europe 1 Adélaïde de Clermont-Tonnerre. 

Les années 70, sa période favorite. Adélaïde de Clermont-Tonnerre n'en est pas à son coup d'essai dans le domaine de la fiction. Son roman précédant se déroulait déjà dans les années 70. "Je suis fascinée par le miroir entre notre époque et ces fameuses années 70. Nous avons les mêmes thématiques et les mêmes préoccupations : l’écologie, une forme de solidarité, la fameuse économie participative… Dans les années 70, ça naît de la prospérité et pour nous, de la crise." 

Une passion pour une époque où tout était possible. "J’aime cette décennie, parce que c’était une période un peu folle où on fumait, on buvait, on roulait vite… Avec une énergie créative incroyable. Il y a eu une effervescence artistique, littéraire et musicale absolument folle et puis c’est peut-être la seule décennie de tout ce siècle où l’argent n’a pas été la valeur suprême. On a vraiment cru qu’on allait changer le monde." C'est dans ce contexte qu'Adélaïde de Clermont-Tonnerre met en scène Werner qui "veut faire fortune, devenir quelqu’un et moi j’aime bien cette énergie des bâtisseurs et des créateurs."

L'écriture comme moyen de voyager. Ce qu'elle aime dans l'écriture, c'est de pouvoir voyager et changer de vie en quelques pages. "Je trouve que la vie est tellement riche et vaste que quand on a un peu d’appétit et un peu d’envie c’est difficile de ne pas avoir cette énergie qui vous porte vers plein de pays, plein d’expériences. Et c’est ce que j’aime dans le roman. On peut être dix personnes, 1.000 personnes, on peut visiter dix pays, 1.000 pays. Et c’est fabuleux de pouvoir expérimenter les autres vies que la mienne." D'ailleurs elle n'a pas cherché, à travers son personnage de Rebecca, à régler ses comptes avec le monde aristocrate dont elle est elle-même issue. "Je suis fascinée par ces gens qui n’ont pas de passé et qui peuvent tout inventer et se créer eux-mêmes. J'aime cette force-là", reconnaît Adélaïde de Clermont-Tonnerre.