Jack Lang : avec la mort de Pierre Bergé, "un immense trésor nous a été arraché"

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

L'ancien ministre de la Culture Jack Lang, qui a côtoyé pendant des années Pierre Bergé, a salué sur Europe 1 la mémoire d'un homme d'art et de la mode.

INTERVIEW

Il salue un homme d’art qui a réhabilité la mode française. Jack Lang, ancien ministre de la Culture, a rendu hommage à Pierre Bergé, décédé vendredi à l’âge de 86 ans, en évoquant ses multiples facettes. "Pierre était la vie même, la passion, la curiosité. Il aimait découvrir et rencontrer, c’était quelqu’un qui avait les yeux grands ouverts et les oreilles à l’écoute. C’était un homme qui était la jeunesse par rapport à la vie, à l’art, aux engagements", a déclaré sur Europe 1 Jack Lang, qui a côtoyé Pierre Bergé pendant une trentaine d’années. "C’est un homme qui avait la conviction forte, directe, vivante (...) On se dit aujourd’hui qu’un immense trésor nous a été arraché", a-t-il ajouté.

"Un tandem inséparable" avec Yves Saint-Laurent. Revenant sur le rôle qu’a occupé Pierre Bergé auprès du couturier Yves Saint-Laurent, Jack Lang a salué une figure essentielle de la mode française, qui compilait la casquette de chef d’entreprise avec celle du passionné d’art. "La mode a été largement transfigurée par Pierre Bergé et Yves Saint-Laurent (…) C’est grâce à lui qu’on a pu dans les années 1980 réhabiliter l’art de la mode", assure l’ancien ministre. "Yves Saint-Laurent était un créateur, et Pierre Bergé lui apportait une sorte de force pour surmonter les obstacles. Ils ont formé un tandem inséparable, l’un n’existait pas sans l’autre", confie encore Jack Lang.

Une "grande intimité intellectuelle" avec Mitterrand. L’ancien ministre de la Culture est également revenu sur la rencontre entre Pierre Bergé et François Mitterrand, qui avaient fini par tisser une relation singulière. "Il l’a connu dans les années 1983/1984. Progressivement, s’est nouée entre les deux hommes une relation d’une grande intimité intellectuelle. Ce qui les unissait c’était la passion de la littérature, de l’architecture, de la culture. Ils ont partagé des moments de bonheur intellectuel", se rappelle Jack Lang. Bien qu’il n’aurait jamais eu envie de faire une carrière politique, Pierre Bergé n’était pas insensible au pouvoir. "Il pouvait être arrogant, il était si porté par ses convictions qu’il pouvait être impérieux". Et l’ancien ministre de conclure : "je l’aimais aussi pour ça."