Ibrahim Maalouf : "C'est à New York que j'ai pris ma décision de faire de la musique"

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NEW YORK - Europe 1 s'est délocalisé le temps d'un week-end à New York. Au Jazz Lincoln Center, le trompettiste star préparait samedi son concert. Rencontre.

INTERVIEW

Ibrahim Mmaalouf a participé aux Vieilles Charrues de Carhaix en juillet 2016. Deux mois plus tard, il est à New York et le Europe 1 Music Club est une nouvelle fois allé à sa rencontre alors qu'il joue au Jazz Lincoln Center.

L'ambiance est feutrée et la moquette épaisse dans ce lieu mythique du jazz. "C'est un peu La Mecque du jazz, situe Ibrahim Maalouf. C'est un peu le centre névralgique de tout le jazz d'aujourd'hui. La dernière fois que j'ai joué ici, Wynton Marsialis, le responsable de ce lieu, a assisté à tout le concert", raconte-t-il, fier. Il faut dire que c'était un honneur puisque l'homme est l'un des plus grands représentants du jazz aux Etats-Unis.

Métissage. Le public ici est "métis", indique le musicien. "C'est un public de New Yorkais qui aiment le jazz, de touristes, et beaucoup de gens qui ne connaissent pas et viennent découvrir. Cela fait partie de mon travail. Ils sont très enthousiastes, très positifs dans toutes les initiatives qu'on prend. J'aime le métissage qu'il y a dans ce Jazz Lincoln center parce qu'il y a les fondamentalistes qui considèrent qu'il ne faut rien changer à l'histoire du jazz et aussi ceux qui prêchent pour l'inverse et qui cohabitent ensemble."

Wynton Marsialis fait partie des fondamentalistes. "Il considère que le jazz est un langage précis, qu'il ne faut pas le toucher sinon on le dénature et ce n'est plus du jazz." Ce n'est pas le credo d'Ibrahim Maalouf qui a par exemple repris le titre Run The World de Beyoncé à la trompette. "J'espère que cela le fait changer d'avis !", lance le musicien.



Voir les Tours jumelles. Au delà du Jazz Lincoln Center, New York, pour Ibrahim Maalouf, c'est aussi "West Side Syroy et Leonard Bernstein. Il y aussi une école de musique classique extraordinaire ici." La première fois qu'Ibrahim Maalouf est venu dans Big Apple, c'était en prévision d'un concours dans la ville voisine, Washington. "Depuis tout petit, je voulais être architecte. Mon rêve, c'était de voir les Tours jumelles". A l'époque, il voulait "reconstruire Beyrouth comme New York parce que j'ai vu Beyrouth sous les bombes toutes mon enfance." Mais quand il arrive, en 2002, les tours sont détruites depuis six mois après les attentats du 11-Septembre. "J'avais visité New York et c'est à ce moment-là que j'avais pris ma décision de faire de la musique."