Guillaume Gallienne : "Je voulais parler des gens qui n'ont pas les mots pour se défendre"

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Après un premier film qui parlait de "garçons", Guillaume Gallienne revient en salles avec "Maryline", un long-métrage qui cette fois parle des femmes.

INTERVIEW

Maryline, le deuxième film de Guillaume Galienne, n'a rien d'un biopic sur l'icône du cinéma américain. Le film, en salles 15 novembre, est inspiré d'une histoire vraie, celle de la vie d'une femme que le réalisateur a rencontrée il y a quinze ans et qui l'a bouleversé, a expliqué le réalisateur dans l'émission Un dimanche de cinéma. Adeline d'Hermy, de la Comédie française, incarne cette femme qui grandit dans un petit village français dans les années 1970-80, dans une maison aux volets clos, sans qu'on lui ait offert les armes pour se défendre, ni verbalement ni physiquement. Un jour, elle décide de "monter à Paris" pour devenir comédienne et se retrouve confrontée à la violence de ce nouveau monde. 

"Pas sur le registre de la comédie". Le deuxième film du réalisateur s'éloigne de l'univers de son premier long-métrage, Les garçons et Guillaume, à table !. "C'est un film plus social, romantique quand même, mais c'est une épopée de l'humilité. Ce n'est pas du tout dans le même milieu et on n'est pas sur le registre de la comédie. C'est plus âpre."

Mais ce deuxième film possède également quelques points communs avec sa première réalisation couronnée de cinq César : "Il est question de quelqu'un qui au départ semble assez passif, enfermé dans un déterminisme. Mais c'est une chrysalide qui va quand même déployer ses ailes." Une nouvelle fois, le réalisateur raconte l'histoire de quelqu'un qui s'affranchit de l'environnement dans lequel il a grandi. "À mon âge et grâce aux psys, on se rend compte du nombre de dossiers qu'on continue à trimbaler comme des packs de bouteilles d'eau d'un litre et demi et qui ne sont finalement pas les nôtres. On peut les déposer et ce n'est pas plus grave. Ça libère l'envol", décrit le réalisateuret acteur, qui est resté cette fois derrière la caméra.

Entendu sur Europe 1
Les hommes sont convexes et les femmes concaves. Elles accueillent et elles encaissent aussi

Ceux qui n'ont pas les mots et ceux qui peuvent sauver du gouffre. Le réalisateur s'accorde à dire que les psys et le théâtre l'ont sauvé d'un cliché de lui-même. "Les femmes aussi", ajoute-t-il. Les femmes qu'il a eu envie de mettre en scène après les garçons du premier film. "J'ai joué Lucrèce Borgia pendant trois ans. Ça m'a beaucoup marqué. J'étais tout d'un coup dans une position à me faire violer, harceler et à être concave. Les hommes sont convexes et les femmes concaves. Elles accueillent mais elles encaissent aussi. Je me suis rendu compte à quel point c'était beau mais très, très dur d'être une femme. Et je voulais rendre compte de ça grâce à cette histoire qui m’habite depuis quinze ans. (...) Je voulais aussi parler de ces gens qui n'ont pas les mots pour se défendre." Guillaume Gallienne cite des détenus et des enfants de ZEP qu'il a rencontrés. "Je voulais surtout parler de la bienveillance, de comment quelqu'un qui a les mots, qui a les codes, les armes, lorsqu'elle tend la main à quelqu'un de désarmé, peut le sauver du gouffre."

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