Gilbert Montagné "outré que dans les campagnes électorales, il n’y ait pas un mot sur les solutions à apporter aux handicapés"

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Le chanteur revient avec un nouvel album, en hommage à Bécaud. Invité samedi chez Isabelle Morizet, il a partagé son indignation face au manque d'initiatives en faveur des personnes handicapées.

INTERVIEW

Gilbert chante Bécaud est le nom du nouvel album de Gilbert Montagné. Dans cet opus, le chanteur reprend les standards de l'artiste décédé il y a quinze ans et propose un duo inédit, enregistré entre les deux hommes mais resté dans les cartons.

A l'occasion de ce nouveau projet, Gilbert Montagné était l'invité d'Il n'y a pas qu'une vie dans le vie. Le chanteur, non-voyant, est revenu dans l'émission sur son handicap et sur la façon dont il faudrait, selon lui, améliorer le quotidien des personnes handicapées dans l'espace public.

"Ils ont réussi à me faire vivre". Gilbert Montagné naît voyant, mais grand prématuré. A l'accouchement, il pèse 900 grammes. Son handicap provient d'une erreur humaine concernant le réglage d’une couveuse. "Je n'en ai jamais voulu au monde médical pour ça parce qu’ils ont fait ce qu’ils pouvaient à l’époque. L’important, c’est qu’ils ont réussi à me faire vivre, assure-t-il, philosophe. J’étais très mal en point au début. Je suis né sur la table de la cuisine. C’est peut-être pour ça que j’aime bien la bouffe", poursuit le chanteur avec humour.

Entendu sur Europe 1
Ce dont on a besoin, c’est tout simplement qu’on nous regarde en face.

"Des les campagnes électorales, pas un mot sur les personnes handicapées". S'il n'en veut en rien au secteur médical, lui qui a été chargé en 2007 par le gouvernement d'une mission sur l'intégration des personnes aveugles et mal-voyantes se dit désormais "courroucé contre le monde politique en général", droite, gauche et centre confondus. "On n’a pas compris en France que s’intéresser aux solutions qui existent pour améliorer la vie de 10% de la population que représentent les personnes handicapées, c’est rendre un pays plus intelligent. Je suis outrée que dans les campagnes électorales, celle-ci et celle d’avant, il n’y ait pas un mot sur les solutions à apporter aux personnes handicapées."

"On fait partie du monde". L'artiste s'insurge contre un certain type de discours : "On va s’occuper de tous les problèmes du monde et quand on aura résolu les problèmes de faim, d’argent, on pensera à vous. Non. On fait partie du monde. Le plus urgent, c’est que le tourisme soit adapté, que les immeubles soient adaptés. Ce dont on a besoin, c’est tout simplement qu’on nous regarde en face."