Festivals annulés : une note salée

Manifestation des intermittents du spectacle a l'appel de la CGT du spectacle et du syndicat des scenes publiques, à Avignon.
Manifestation des intermittents du spectacle a l'appel de la CGT du spectacle et du syndicat des scenes publiques, à Avignon. © MAXPPP
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Diane Shenouda et , modifié à
LA FACTURE  - LA FACTUREAlors que les intermittents poursuivent leur mouvement, le coût des annulations de spectacles se fait déjà sentir. 

Le combat des intermittents du spectacle pour dénoncer l'agrément de la nouvelle convention d'assurance-chômage continue. Dans ce contexte, des annulations interviennent parfois au dernier moment. Pas plus tard que dimanche soir au Théâtre de la Ville, à Paris, une représentation de "Palermo Palermo" de Pina Bausch, n'a pas eu lieu. L'inquiétude maintenant, se concentre sur le festival d'Avignon qui commence vendredi. Et tandis que la menace d'annulation pure et simple du festival, comme en 2003, a été écartée par son directeur, la CGT spectacle a tout de même prévenu qu'il ne se déroulerait pas "tranquillement". Ce qui est certain, c'est que ces perturbations ont évidemment un coût. Dans toutes les régions, on redoute même la catastrophe économique.

Action des intermittents du spectacle sur le pont d'Avignon

La note est salée. A Montpellier, où le mouvement a commencé en plein Printemps des comédiens, pratiquement aucun spectacle n'a pu être joué. La note de ces annulations est salée, au premier chef pour les collectivités. Elles ont déboursé 1,5 million pour un festival qui n'a pas eu lieu. Ce sont aussi 400.000 euros de billets qui sont partis en fumée. Seul lot de consolation : de nombreuses compagnies ayant pris elles-mêmes la décision de se mettre en grève, le festival n'a pas à les payer.

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Manifestation des intermittents du spectacle sur la place de l'Horloge et du Palais des Papes, à Avignon, le 20 juin dernier. 

Le scénario catastrophe… A Avignon, si le festival "in" devait être annulé, ce serait évidemment une vraie catastrophe, car celui-ci n'est plus assuré depuis 2003. Les pertes seraient donc colossales : elles dépasseraient 3.900.000 euros. Pour l'heure, on n'en est pas à ce scénario catastrophe, mais des manifestations sporadiques sont malgré tout à craindre. Denis Gravouil, le secrétaire général de la CGT spectacle, a confirmé dimanche son appel à une "grève massive" le 4 juillet, premier jour du festival. La CGT spectacle a aussi déposé un préavis de grève pour tout le mois de juillet.

Manifestation des intermittents

…et l'inquiétude. Les perturbations annoncées inquiètent déjà le Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Vaucluse, François Mariani. Ce dernier n'hésite pas à évoquer "un drame". "Moi je me souviens, en 2003, des dépôts de bilan dans les domaines du commerce, de l'hôtellerie et de la restauration", affirme-t-il. "Et puis en même temps sur toutes les entreprises du spectacle, ça fait des dégâts considérables. Pour nous c'est une perte de 50 à 60 millions d'euros. On ne peut pas se le permettre" confie-t-il.  Pour l'instant, le directeur du festival d'Avignon, Olivier Py, a décidé de le maintenir malgré le risque de perturbations. Le festival "off" d'Avignon, lui, se jouera. 1.300 spectacles sont programmés cette année. Mais même le "off" n'est pas à l'abri de coups d'éclats des intermittents.  

En 2003, quand le festival d'Avignon, poumon économique de la ville, a été totalement annulé, le public avait déserté les lieux. Les recettes de certains commerçants avaient considérablement chuté. Enfin la note s'était élevée à  trois millions d'euros de pertes pour le festival.

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