Festival de cinéma de Deauville : trois films à l'épreuve

  • A
  • A
Partagez sur :

Chaque dimanche, Mathieu Charrier et Bruno Cras critiquent trois films récents ou qui vont sortir sur les écrans, accompagnés de confrères journalistes. Verdict !

Les deux spécialistes cinéma d'Europe 1 Mathieu Charrier et Bruno Cras, accompagnés cette semaine de Mehdi Omaïs de lci.fr et de Stéphanie Belpêche du Journal du dimanche, livrent leurs impressions sur trois sorties cinéma dans l'émission Un dimanche de cinéma. Sur le grill, ce dimanche : Infiltrator de Brad Furman, Un petit boulot de Pascal Chaumeil et Rester vertical d'Alain Guiraudie

  • Infiltrator, en salles depuis le 7 septembre

Le pitch : "C'est une histoire vraie qui se passe dans les années 80. Un agent fédéral, Robert Mazur, infiltre le monde des grands financiers et propose à des mafieux de blanchir leur argent."

>> L'avis de Mehdi Omaïs : "Ce qui est passionnant, c'est ce double jeu d'acteur de Bryan Cranston (qui joue Mazur), également le héros de Breaking Bad. D'ailleurs le personnage de Robert Mazur est cité dans un épisode de Breaking Bad. Comme quoi, c'était écrit... C'est son deuxième biopic d’affilée après Dalton Trumbo. C'est un acteur qui me passionne, au delà de l'histoire bigger than life."

>> L'avis de Bruno Cras : "Il est remarquable. Il pourrait avoir un Oscar. La mise en scène est un peu conventionnelle."

>> L'avis de Stéphanie Belpêche : "Le polar est absolument captivant et stupéfiant. Mazur a quand même eu un contrat de 500.000 dollars sur sa tête. Aujourd'hui, il vit encore avec une menace permanente. Il a fait tomber 85 barons de la drogue et des banquiers corrompus. C'est vertigineux."

>> L'avis de Mathieu Charrier : "Ce que j'ai trouvé très bon, c'est à quel point la caméra nous transporte dans ce milieu là. Il y a beaucoup de gros plans. On est très présent. C'est la différence avec d'autres polars. On est dedans."


  • Where to invade next, le nouveau documentaire de Michael Moore, en salles le 14 septembre

Le pitch : "Il envahit l'Europe pour y piquer les meilleures idées et les ramener aux Etats-Unis, son pays qu'il aime malgré tout : les congés payés, la cantine, la prison modèle, les banques en Islande, etc."

>> L'avis de Bruno Cras : "Il a inventé le documentaire engagé, le documentaire de mauvaise foi, parfois un peu simpliste mais il le fait et il l'assume."

>> L'avis de Mathieu Charrier : "La limite du documentaire, c'est que c'est très simpliste, idyllique."

>> L'avis de Mehdi Omaïs : "Bien sûr ! Michael Moore veut montrer que l'herbe est plus verte ailleurs et il ne laisse aucun argument contrevenir à sa pensée. Il aime raconter en déformant un peu."

>> L'avis de Stéphanie Belpêche : "Michael Moore, c'est le roi du montage et de l'info choisie. Il est extrêmement militant, engagé. La séquence sur les femmes au pouvoir en Islande pour montrer le progrès n'est pas là par hasard. C'est pour Hillary Clinton."


  • Free state of Jones, de Gary Ross, en salles



Le pitch : "Le film dure 2h17. On est dans la guerre de Sécession et nous raconte un épisode incroyable : un soldat sudiste (joué par Matthew McConaughey) , trahit sa cause et défend des esclaves et des pauvres blancs. Il forme une sorte de congrégation au milieu d'un marais, un peu comme un Robin des Bois."

>> L'avis de Mathieu Charrier : "Il y a une demi-heure au début et une autre demi-heure à la fin qui ne servent à rien. C'est ce qu'il ne faut plus faire au cinéma. C'est purement illustratif, avec un Matthew McConaughey qui pense jouer le plus grand rôle de sa carrière."

>> L'avis de Mehdi Omaïs : "C'est une caricature de lui-même !"

>> L'avis de Bruno Cras : "C'est un peu un cours d'histoire, avec des bandeaux comme dans les films muets. On a cette histoire de Robin des Bois, du mariage mixte, les esclaves dans les champs de coton comme dans Twelve years a slave, bref trois ou quatre films dans le même. C'est passionnant mais pas du cinéma pur.

>> L'avis de Stéphanie Belpêche : "J'aime beaucoup Matthew McConaughey. Il met beaucoup de lui-même dans tous ces rôles. Il est sincère. Je mets un bémol sur l'aspect éducatif : le film est complaisant au niveau de la violence. C'est hyper démonstratif, mais je ne connaissais pas l'histoire de déserteur.

  • Le coup de cœur de Mehdi Omaïs : Le Teckel de Todd Solondz.

"C'est l'histoire d'un chien qui va parcourir la vie de trois, quatre personnages et on va voir comment il va influer sur leur quotidien. C'est un bonbon poivré parce que Todd Solondz a cette spécificité de toujours prendre le rire comme politesse du désespoir."