Dan Franck : "Je voulais montrer Marseille autrement"

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Le scénariste de "Marseille", disponible jeudi sur Netflix, a détaillé l'esprit de sa série au micro de Caroline Roux. 

"Ce n'est pas une série strictement politique", affirme Dan Franck, écrivain et scénariste de la série Marseille, première production "made in France" de Netflix. La série sera disponible dès jeudi pour les abonnés et ses deux premiers épisodes seront également diffusés sur TF1. "Ça n'est pas House of Cards, ça n'est pas Baron Noir. C'est un drame psychologique entre deux personnages, à Marseille, dans un cadre politique", poursuit le scénariste.

Se démarquer des magouilles.Marseille raconte les coups bas entre le maire de la ville, incarné par Gérard Depardieu, et son premier adjoint, joué par Benoît Magimel. "La politique c'est très shakespearien, c'est un cadre, un théâtre absolument formidable, mais on ne peut pas se contenter de ça", estime Dan Franck, qui assure que le personnage du maire est "un politicien noble, qui aime sa ville et veut la protéger de la mafia." "Il y a un côté propre, qui se démarque des magouilles de la politique", assure-t-il.

Un scénario sans policiers. L'enjeu pour le scénariste : "ne pas tomber dans la caricature". Il assure ainsi ne pas avoir utilisé certaines informations collectées lorsqu'il interrogeait des acteurs de la ville, notamment des pratiques politiques "effrayantes". "Je ne voulais pas tomber dans le 'tous pourris'". Dans la même démarche, l'écrivain a choisi d'écrire un scénario sans policiers. "Je voulais montrer Marseille autrement, je voulais montrer une réalité sociale", martèle-t-il.

Un parti baptisé "UPM". A regarder la série, le personnage de Gérard Depardieu, membre d'un parti baptisé "UPM", a des airs de déjà-vu. Mais Dan Franck le jure : "Jean-Claude Gaudin (maire LR de Marseille, ndlr) ça n'est pas Depardieu". Avant de glisser : "Il se trouve qu'ils ont la même prestance et la même allure, je suis d'accord." En revanche, sur le fond de l'histoire, "l'UPM est quelque part l'UMP", reconnaît l'auteur. Dans la série, le parti édite de fausses factures : "quelque part, ce qu'on a découvert avec Bygmalion."

"Au fond d'un café avec un caïd". Pour coller au mieux à la réalité, le scénariste passé beaucoup de temps à Marseille. "J'ai vu les gens de la mairie, qui ont été très coopératifs", raconte-t-il. L'immersion a également dû se faire dans les cités, très présentes dans la série. "Un jour, je me suis retrouvé au fond d'un café avec un caïd en cavale", se souvient Dan Franck. Avec lui, il a négocié le tournage dans ces quartiers : "Il nous a dit  'je veux qu'on me dise, parce que si jamais on trafique dans la tour D et que vous tournez dans cette tour D il faut qu'on aille dans la tour E'", rapporte le scénariste. Le "caïd" a également demandé à ce que "des gens de la cité soient employés en régie".

Comment le scénariste reçoit-il les premières critiques de la série, plutôt négatives ? "Je n'ai jamais eu des critiques aussi dures de ma vie, je le vis très mal", reconnaît-il. "J'ai été primé partout sur mes séries, mes films, ça me désespère, je trouve ça très injuste."