Milou, ancien truand : "l’intelligence est rare dans le milieu"

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Invité lundi soir de "Europe 1 Social Club", Milou raconte comment il est devenu un des grands noms des milieux mafieux.

Aujourd’hui rangé, l’ex-caïd surnommé Milou naviguait parmi les noms les plus célèbres de la mafia française dans les années 70. Pour raconter sa vie dans ce milieu de violence puis au cœur du sombre Service d'Action Civique, autrefois chargé de protéger le général de Gaulle et dissous par François Mitterrand en 1982, il publie un livre, "Truand" (éditions Robert Laffont). Il a notamment expliqué à Frédéric Taddeï quelles étaient les caractéristiques requises pour intégrer le milieu.

L’intelligence prime. "Il y a deux trucs", d’après Milou. "On possède de l’argent, de quoi en faire gagner, donc on est quelqu’un de représentatif du milieu, et tout le monde vient me voir", a-t-il décrit au micro de "Europe 1 Social Club". Cependant, "il y a aussi l’intelligence. C’est quelque chose qui est rare dans le milieu. Contrairement à ce que les gens croient, il y a une espèce d’apparence ostentatoire de certains gabarits comme Antoine Guérini (NDLR : un célèbre gangster de l'époque). Ils sont vides, ils sont rien, ils ne sont pas intelligents. Ils sont rentrés dans une bonne époque, au bon moment. On leur a dit 'ne parle pas, mais quand tu parles, tu as l’accent corse donc ça suffit pour gagner des sous'. Ce n’est pas ça, être intelligent."

Pourquoi devenir un caïd. Puis Milou a rejoint le SAC, dissous sous François Mitterrand. Un mélange de policiers et de voyous étaient notamment chargés des intérêts gaullistes. "D’anciens militaires" en faisaient aussi partie selon Milou. Quant à lui, il avait "pris la carte du SAC parce que c’était leurs responsables corses qui m’avaient demandé si je la voulais. J’avais demandé : 'Qu’est-ce que je gagne ?', on m’a dit 'Le port d’armes. On t’arrête avec un calibre, tu fais le mac, tu ne vas pas en prison. Si tu fais des cambriolages, on t’arrange le coup'".