Cinq questions sur le succès de la musique en streaming

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L'an dernier, les ventes de musique ont augmenté de 3,2%. Une première depuis 1998, permise par le succès du streaming.

C'est un petit miracle : en 2015, les ventes de musique ont augmenté de 3,2%, première hausse significative depuis 1998. Pour Guillaume Leblanc, directeur général du Syndicat national de l'édition phonographique (Snep), il y a de quoi être optimiste pour l'industrie de la musique. 

  • En quoi est-ce différent du téléchargement ?

"La logique est complètement différente", explique Guillaume Leblanc. "Auparavant, on achetait un CD ou un titre sur Itunes. Désormais, on paye pour avoir accès, c'est un nouveau rapport à la musique", estime-t-il. Sur des plateformes comme Deezer ou Spotify, un abonnement permet d'écouter des morceaux sans limite ni publicité, sans les télécharger.

"On n'en est pas encore au stade des pays nordiques, où 80% du marché est porté par le streaming", rappelle Guillaume Leblanc. Mais la France s'inscrit dans la moyenne mondiale, avec 45% de croissance de ce nouveau moyen d'écoute l'année dernière. "Trois millions de personnes sont abonnées à une plateforme, soit 5% de la population", avance le directeur du Snep.

  • Est-ce le nouveau modèle économique de la musique ?

Pour Guillaume Leblanc, la réponse est oui. "Après deux décennies de marasme, le retour de la croissance est une excellente nouvelle", estime-t-il. "On sentait que ça frémissait depuis quelques années, avec le téléchargement, et maintenant il y a le streaming", poursuit-il, estimant qu'"on est en train de basculer dans un cercle vertueux".

Le directeur du Snep pointe cependant la persistance du téléchargement illégal : "Cette concurrence déloyale existe toujours. Mais pendant plus d'une décennie, on avait perdu le fait de pouvoir payer pour la musique. Aujourd'hui, on a de quoi être optimistes".

  • A qui profite ce succès ?

"Tout le monde est gagnant parce que le marché repart à la hausse", affirme Guillaume Leblanc. Les consommateurs, d'abord : 35 millions de titres sont disponibles sur les plateformes de streaming. "C'est colossal légalement", estime le directeur du Snep. Et les artistes et producteurs ne sont pas en reste, "beaucoup mieux rémunérés" qu'avec le téléchargement.

"Il y a le bon et le mauvais streaming", nuance cependant Guillaume Leblanc. "L'abonnement rémunère bien mieux la création que la centaine de millions de personnes dans le monde qui vont sur des plateformes comme Youtube, où il y a de la publicité." L'enjeu pour l'industrie est désormais de convertir ces pratiques ponctuelles en abonnements.

  • Est-ce la mort du disque ?

"De plus en plus de personnes de toutes les catégories d'âges streament", affirme Guillaume Leblanc. "L'année dernière, il y a 18 milliards de titres qui ont été streamés en France. On n'a jamais vendu 18 milliards d'albums : ça ne touche pas que les jeunes."

Les Français vont-ils pour autant arrêter d'acheter des disques ? "Non, parce qu'il y aura toujours cette volonté de posséder", estime le directeur du Snep.  "Les gens continuent de payer pour des choses physiques, regardez Renaud qui a vendu 200.000 albums, regardez le vinyle, en pleine renaissance partout dans le monde."

  • Le streaming appauvrit-il la création artistique ? 

Guillaume Leblanc dément l'idée selon laquelle l'ère du streaming est celle du règne du "single", les Français n'achetant plus un album en entier. "Il y a un système de recommandation avec des algorithmes très poussés sur les plateformes de streaming", explique-t-il. "Cela permet de découvrir des titres que vous ne connaissez pas, et de revenir à votre bonne vieille cassette en faisant vous même vos playlists sur mesure."