Christophe Bacquié, nouveau chef trois étoiles : "il faut regarder loin devant et ne pas s'arrêter"

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La chef de l'hôtel du Castellet, dans le Var, vient d'obtenir trois macarons au guide Michelin. Heureux et fier, il explique sur Europe 1 avoir atteint un objectif.

INTERVIEW

Il est, avec Marc Veyrat, le seul à avoir obtenu une troisième étoile dans l'édition 2018 du guide Michelin. Christophe Bacquié, chef de son restaurant à l'hôtel du Castellet dans le Var, était l'invité d'Europe 1 Bonjour au lendemain de la divulgation du palmarès. Il a confié sur l'antenne ce que représentait pour lui la distinction suprême du Guide rouge.

"Je m'en doutais sans être certain". Sans détour, le chef admet qu'il espérait ce résultat : "Toutes les équipes travaillaient beaucoup pour obtenir cette distinction et on y est arrivés. On est super fiers et très heureux. On travaillait naturellement avec les produits qu'on aime, avec une philosophie. C'était dans un coin de notre tête parce que c'était la volonté de toute une équipe d'y arriver." Durant les heures qui ont précédé l'annonce, la pression montait. "En plus, cette année, on n'a pas été au courant". Car contrairement à ce qui produisait auparavant, le guide Michelin n'a pas appelé les nouveaux étoilés pour garder la surprise. "Il y avait des rumeurs, des choses, et au fur et à mesure que les heures passaient, je me doutais quand même que ça allait arriver mais sans pouvoir être certain à 100%." Quand il a su, le chef a levé les bras en signe de victoire.

"La pression, je la vis depuis des années". Il entre dans le cercle très fermé des 28 chefs auréolés de trois macarons. "Je pense que dans le métier de cuisinier aujourd'hui et pour tous les jeunes qui démarrent ce métier, comme moi il y a 26 ans, bien entendu, c'est un objectif qu'on se fixe quand on a envie d'aller dans cette voie de la haute gastronomie. Aujourd'hui, pouvoir côtoyer tous ces grands chefs qui étaient pour moi quasiment inatteignables quand j'étais commis de cuisine, c'est juste extraordinaire." Pourtant, cet honneur, certains chefs y renoncent, ne voulant plus être assommés par la pression : "C'est un choix de vie qu'ils ont décidé. je n'ai pas à juger ni à mal commenter", explique-t-il. Lui reste plutôt serein, avec un argument de poids : "Bien sûr qu'il y aura de la pression, mais je la vis déjà depuis plusieurs années : le titre de meilleur ouvrier de France, c'est déjà beaucoup de pression", assure-t-il, comme la première étoile. 

Amoureux de la Méditerranée. Le chef avait décroché deux étoiles en 2007, "la première fois en Corse. Ensuite, j'ai décidé de partir pour l'hôtel du Castellet avec un nouveau challenge" et il a obtenu deux macarons en 2010. Huit ans plus tard, le chef originaire de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, est au sommet, avec une idée qui n'a pas changé suivant les maisons : valoriser cette cuisine méditerranéenne qu'il affectionne. "Sans elle (la Méditerranée), je ne suis pas certains que je pourrais faire la cuisine que l'on pratique aujourd'hui. C'est un pays, une région que j'aime passionnément. Il y a des produits, une culture, un engagement", dit-il de la Corse, avant d'encenser le Var et ses producteurs. Mais même avec trois étoiles, il n'est pas rassasié : "Il faut regarder loin devant et ne pas s'arrêter."