Christophe : "Alain Bashung est toujours sur ma console"

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Le chanteur n'abandonne jamais la création, avec ses machines, mais toujours la nuit. Il a reçu le "Europe 1 Music Club" à quelques jours de ses concerts à la salle Pleyel.

INTERVIEW

A la tombée du jour, Christophe a reçu Jean-Philippe Balasse et Emilie Mazoyer du Europe 1 Music Club chez lui, dans son appartement parisien couvert de bibelots et d'instruments, près de Montparnasse. Le musicien, qui sera en concert Salle Pleyel du 31 janvier au 3 février, apprécie se la jouer vampire : il "aime se coucher à 8h du matin", après avoir vu un film dans la nuit, avoir travaillé à ses morceaux et avoir vu le soleil se lever. 

"Il n'y a pas de carrière." Ce qui l'intéresse, c'est la création. "Je suis plutôt dans l'avenir que dans le passé. Je n'écoute pas mes albums." Aline, Les mots bleus, Paradis perdus, ou Océan d'amour (parue sur son dernier album Les vestiges du chaos sorti en avril), il les entend chez les autres ou par hasard. Lui n'aime ni s'écouter ni le mot de carrière. "Il n'y a pas de carrière. Je ne suis pas carriériste du tout. J'ai fait des allers-retours. J'ai décidé de partir à des moments, pour me consacrer beaucoup à ma collection de films à un moment, à peindre à d'autres moments", mais aussi à attendre l'évolution des technologies.

Entendu sur Europe 1
Les gens qui se foutaient de ma gueule au début étaient ensuite un peu jaloux et ça, c'est pas 'dégueu'.

"Ma passion, maintenant, est la même que dans les années 70 quand les machines ont commencé à sortir. Il y a eu, dans mes décennies, à des moments, une espèce de faiblesse. Je la ressens parce que je suis quelqu'un qui crée avec des machines. Je suis un joueur, pas un 'carriéreur.'" Ses appareils sont toujours branchés. "Je suis vivant. Je m'arrêterais quand je serai mort", clame-t-il. Sa chance, c'est de savoir reconnaître "un truc magique qui senpasse. Je ne sais pas si tout le monde a ce don d’esthétisme sonore. C'est reconnaître dans la musique des autres aussi ce qu'on peut appeler un tube."

Trois icônes en photos. Dans son décor, d'autre faiseurs de hits trônent en photos : Lou Reed, Bashung et Bowie. "En ce moment, c'est eux. Il y a du changement des fois, mais c'est vrai qu'Alain est toujours sur ma console. C'était un cher ami. En 70, on travaillait tous les deux dans l'édition et tous les jours, on se retrouvait à 11h30 et on déjeunait avant d'aller bosser. On avait monté un petit studio. On s'amusait. Après, chacun a suivi sa route. On ne se voyait plus, on s'est retrouvés un peu par hasard en 2000, en interview. Ils sont présents parce que je ne pense pas tellement à la mort."

Au début de son interview comme à la fin, il le clame : il est "dans la seconde qui vient. Je n'ai pas changé. A 15 ans, j'étais comme à 72. Les gens qui se foutaient de ma gueule au début étaient ensuite un peu jaloux et ça, c'est pas 'dégueu'", s'amuse Christophe, qui compte bien continuer. "Je suis satisfait". Il faut juste lui souhaiter "la santé. "Quand on est debout, on crée."