Ce que vous ne savez pas sur l'album "Première consultation" de Doc Gyneco

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Oui, son pseudo n'est pas élégant. Oui, quelques-unes des chansons sont sulfureuses. Mais le premier album du rappeur reste un témoignage des années 90 et a touché plus d'un million de personnes.

L'ALBUM CULTE

Il y a plus de 20 ans, le 15 avril 1996, Première consultation sort dans les bacs. Plus d'un million d'unités du premier album du rappeur ont été écoulées depuis. Bien que la tournée des 20 ans de l'opus ait eu mauvaise presse (on reprochait au chanteur une nonchalance crasse), Europe 1 Music Club revient sur "l'objet du délit", un album résolument culte.

Deux chansons à la mauvaise réputation. Pour rester dans le champs lexical médical, commençons par la chanson Viens voir le docteur. Doc Gyneco y joue son rôle d'obsédé sexuel un brin flippant. A travers ses paroles, il s'adresse aussi bien aux jeunes filles qui découvrent le sexe qu'aux femmes mariées qui s'ennuient avec leurs époux plus intéressés par le foot à la télé.

Beaucoup de personnes sont passées à côté du chanteur à cause de ce titre sulfureux pourtant bien écrit. Mais ce n'est pas la seule chanson qui a laissé un parfum de scandale. Il y avait aussi Vanessa, où Doc Gynéco raconte que lorsqu'il voit Vanessa Paradis à la télé, il est, disons, corporellement "inspiré". L'hommage qui dépassait la limite correcte du sexy avait quelque peu énervé la chanteuse.

Une fois ces deux chansons vraiment coquines - et ce pseudo dépourvu de toute élégance (soyons honnêtes) - dépassés, le reste du disque épate encore aujourd'hui, notamment pour l'acuité des descriptions de la vie en banlieue, avec Dans ma rue.

La description d'une époque. Doc Gynéco raconte au fil de l'album les préoccupation d'un jeune homme qui vit dans un milieu non privilégié. Après sa rue et ses copains, reste le football. Et c'est Passement de jambes qui illustre ce propos.

Et bien sûr, il y a les filles. Doc Gynéco démontre qu'il ne donne pas que dans le cru. La chanson Les filles du moove, soit les filles du mouvement hip-hop, aborde ces filles qui essayent de vivre comme des garçons avec tendresse.

La musique de l'album mérite de s'attarder un peu sur le sujet. Les samples laissent percevoir que le disque a été enregistré en Californie. Doc Gynéco a travaillé avec Ken Kesey, un ingénieur du son qui l'a décomplexé sur le fait de prendre des extraits de morceaux déjà cultes tels que Papa was a Rolling Stone des Temptations, du moment qu'il payait les droits d’auteur.

Un album qui parle au plus grand nombre. Et même si, sur l’ensemble du disque, Doc Gynéco fait des petites blagues, la chanson Nirvana est sans doute la plus triste. Il déclame quand même "J'vais me foutre en l'air / Comme Patrick Dewaere". Bérégovoy, Senna sont aussi évoqués, des décès qui ont marqué les années 90.

Etre ancré dans son époque est une des grandes forces du disque, bourré de clin d’œils à la télé et aux personnalités de l'époque. C'est d'ailleurs un fait qui lui a été reproché. On lui a collé l'étiquette de vendu ou de rappeur gentil. Pourtant, l'artiste a aussi su se montrer dur. C'est le cas dans la chanson Arrête de mentir, enregistrée avec son gang Secteur Ä.

Il n'empêche, son pari de parler au plus grand nombre en 1996 a marché. Et le classer dans la catégorie variété ne l'a, au fond, pas dérangé. Dans le titre, Classez moi dans la variet, il ne l'avait d'ailleurs pas caché.