Ce que vous ne savez pas sur l’album "Exodus" de Bob Marley

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Succès international, le neuvième disque de Bob Marley a même été sacré meilleur album du XXe siècle par le magazine Time.

L'ALBUM CULTE

Le 9e album de l’icône du reggae est sorti le 3 juin 1977 et ressort cette année, pour ses 40 ans. Europe 1 Music Club nous plonge dans l'histoire de cet opus intitulé Exodus, que le Time a même désigné meilleur album du XXe siècle.

Une face A engagée, une B plus festive. Sur cet album figure la chanson One Love, un tube joyeux, plein d'espoir et de sourires. Logique si l'on considère qu'en 1977, Bob Marley est jeune, auréolé de succès et courtisé. 

Sauf qu'en réalité, en 1977, Bob Marley va mal, puisqu'en décembre 1976, à Kingston, en Jamaïque, lui et sa femme Rita ont failli mourir. Six hommes armés leur ont tiré dessus, chez eux. Sa femme a même été touchée à la tête. Ils décident donc de s'en aller pour élire domicile à Londres. C'est dans la capitale britannique que Marley enregistre Exodus, avec une face A politique, rasta, militante et une face B davantage tournée vers la fête, l'amour et le sexe. L'ensemble est reggae, mais pas que. On est à Londres et si on tend l'oreille, on surprend une guitare rock. Le guitariste en question s'appelle Junior Marvin. On retrouve aussi de la soul et de la pop sur cet album. 

Au niveau des paroles, la face A est si engagée que dans un couplet de la bien nommée chanson So much things to say, Bob Marley compile Jésus-Christ, Marcus Garvey, l'activiste jamaïcain du début du XXe siècle, et Paul Bogle, un rebelle jamaïcain né juste avant l'abolition de l'esclavage.

Toujours dans la veine engagée, l'un des sujets favoris de Bob Marley - et du rastafarisme en général - est le retour en Afrique. C'est l'exode, l'Exodus du titre de l'album.

Pour parler de la fête, il faut donc tourner le disque et passer à la face B. On y trouve notamment Jamming. En patois jamaïcain, le mot veut d'ailleurs dire "faire la fête". Bob Marley chante "I want to jamming with you" (je veux faire la fête avec toi). Une phrase à double sens...

Des chansons d'amour. Il est d'ailleurs beaucoup question d'amour dans les autres titres de la face B, notamment sur Wait in vain. Il dit alors : "Je ne veux pas attendre ton amour en vain", un registre dans lequel on n'attend pas nécessairement le chanteur. Les arrangements reggae sautillants n'aident pas à penser à un slow, mais si on écoute la version d'Annie Lennox, l'impression change du tout au tout.

Mais personnellement, Bob Marley n'attend pas l'amour, il est plutôt submergé, tiraillé entre sa femme Rita, qui fait partie de ses choristes, et Cindy Breakspeare, Miss Monde, son grand amour avec qui il a eu un fils (officiellement, le chanteur a eu onze enfants). A cette dernière, il dédie la chanson Turn your lights down low. Mais sa femme a également droit à son titre, certes moins romantique : Three little birds (Don't worry).