Amélie Nothomb : "On vit en présence du règne des oiseaux et on s'en fout"

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La romancière Amélie Nothomb nourrit une véritable passion pour les films d'Alfred Hitchcock... et les oiseaux, dont elle défend l'intelligence.

INTERVIEW

À l'occasion de la sortie de son nouveau roman, Les prénoms épicènes, l'écrivaine belge Amélie Nothomb raconte au micro de Bernard Poirette dimanche sa passion pour le réalisateur britannique Alfred Hitchcock et en particulier son film de 1963 Les oiseaux

"Si on regarde les oiseaux, on trouve qu'ils sont cons". "Je trouve que c'est un maître absolu du cinéma dans tous ses films mais particulièrement dans Les Oiseaux. Il se trouve que j'ai aussi la passion absolue de l'ornithologie", confie Amélie Nothomb au micro d'Europe1. "Une des choses qui m'énerve dans l'espèce humaine est l'indifférence profonde qu'elle nourrit à l'égard des oiseaux. On vit en présence de ce règne et on s'en fout. On ne les regarde pas et si on les regarde, on trouve qu'ils sont cons. Ce que j'aime dans ce film, c'est que non seulement Hitchcock n'est pas indifférent aux oiseaux mais qu'en plus il en a une panique profonde. Je comprends très bien ce point de vue !"

"C'est une présence tellement singulière, on pourrait très bien vivre les oiseaux comme une menace et j'aime cette façon de voir les choses. On a tendance à voir dans les oiseaux le compagnon familier, celui que l'on ne regarde même pas, le piaf... De voir que cet animal tellement simple est une menace capitale, j'aime ça. Et puis j'adore la terreur de Tippi Hedren, de toute façon, les héroïnes hitchcockiennes sont les plus belles pour moi."

Les oiseaux, ces êtres à part. En dehors du film du maître du suspense, Amélie Nothomb trouve que les oiseaux sont très intelligents. "Ce que j'aime chez les oiseaux, c'est qu'ils n'ont rien à voir avec nous. C'est vrai que les oiseaux ne sont pas attachants mais ils sont là pour nous rappeler que nous on est nuls et qu'eux ont tout compris."

"La majorité des scénarios d'Hitchcock sont irracontables." Pour la romancière, la majorité des films d'Hitchcock tiennent à son génie narratif. "Mon film culte absolu, c'est Vertigo. Je l'ai vu un nombre incalculable de fois et plus je le vois, plus je suis fascinée. La majorité des scénarios d'Hitchcock sont irracontables. Ils fonctionnent seulement parce qu'ils sont racontés tellement vite et avec un tel brio narratif qu'ils sèment le doute, comme un tour de magie mais qu'à la fin on est éberlué."