"120 battements par minute" : Robin Campillo, la révélation française du Festival de Cannes

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"120 battements par minute" : Robin Campillo, la révélation française du Festival de Cannes
@ AFP
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Le film du réalisateur français a ému la croisette et le jury. Ce dernier lui a décerné le Grand Prix du 70e Festival de Cannes.

Un Grand Prix, à défaut d'une Palme d'or. Dimanche soir, lors de la cérémonie de clôture du 70e Festival de Cannes, le jury a récompensé Robin Campillo du Grand Prix pour son film 120 battements par minute. Le cinéaste de 54 ans a bouleversé la croisette avec ce film.

"Il était temps que je me jette à l'eau !" C'est LE premier film qui a semblé faire l'unanimité sur la croisette. Lors de la projection de 120 battements par minute, la presse française et internationale a été séduite par ce film qui montre la lutte contre le sida à travers l'action d'Act-Up à Paris, dans les années 1990.

Robin Campillo est allé puiser dans son propre passé de militant au sein de cette association pour construire son film. La période était "très importante" pour lui et déjà, depuis plusieurs années, il voulait traiter de ce sujet "crucial" dans sa vie. "Je me suis dit qu'il était temps que je me jette à l'eau !", a-t-il expliqué.





Dans 120 battements par minute, le cinéaste jusqu'ici peu connu du grand public et pour la première fois en compétition à Cannes, suit à la fois un groupe et des parcours individuels. Il s'attache, comme dans son précédent long-métrage, à entremêler le couple, les corps, le sexe et la politique.


De l'ombre... Également monteur et scénariste, Robin Campillo est un proche du réalisateur Laurent Cantet, avec qui il a notamment coécrit Entre les murs, Palme d'or en 2008. C'est à l'école de cinéma parisienne Idhec, au début des années 80, qu'il a rencontré Laurent Cantet. C'est ce dernier qui fait appel à lui pour signer le montage de son téléfilm Les Sanguinaires (1997), puis de son long métrage Ressources humaines en 1999. Campillo coécrira et montera ses autres films, L'emploi du temps (2001), Vers le sud (2005), Entre les murs (2008) ou encore L'Atelier (2017).

... à la lumière. En 2004, Robin Campillo passe enfin à la réalisation avec Les Revenants, le film qui a inspiré la série éponyme à succès de Canal+. Dans cette oeuvre chorale fantastique, il décrit un monde où les morts, revenus en masse, errent dans les villes, où ils tentent de se réinsérer dans leurs familles et leurs vies d'avant.

Il met ensuite près de dix ans pour réaliser son deuxième film, Eastern Boys, très bien accueilli, récompensé à la Mostra de Venise et plusieurs fois nommé aux César du cinéma français en 2015. Il y raconte l'histoire d'un quinquagénaire célibataire, dont la vie se trouve transformée après sa rencontre avec un jeune prostitué sans-papier d'origine ukrainienne. Après avoir été dévalisé par ce jeune homme et sa bande, il va peu à peu développer avec lui une relation intime.

Avec ce Grand Prix pour son troisième long-métrage, Robin Campillo est désormais sous le feu des projecteurs. Son prochain film sera attendu au tournant. À lui de confirmer et de poursuivre sur sa lancée. Quant à 120 battements par minute, il faudra attendre le 23 août avant de pouvoir le découvrir en salles.