Haro sur les frais bancaires

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Haro sur les frais bancaires
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Deux associations dénoncent la dérive des frais bancaires. L’UMP s’est emparé de la question.

Le consommateur paye toujours plus. C’est le constat que font l’association UFC-Que Choisir Dans une étude sur les frais bancaires, dans la perspective de la remise d’un rapport, courant juin, sur ce thème à la ministre de l’Economie et l’Association française des usagers des banques (AFUB).

Des tarifs illisibles

Le bilan est "accablant", souligne l’UFC dans un communiqué, "depuis 5 ans, la situation s’aggrave". Les tarifs sont, en effet, toujours plus illisibles. Les brochures "comptent en moyenne 24 pages et comprennent 303 tarifs", explique Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir, "aujourd’hui encore plus qu’hier, comparer les tarifs relève pour chaque consommateur du parcours du combattant", explique-t-il.

En effet, d’une brochure à l’autre, la présentation de ces tarifs est répertoriée dans des grilles "mensuelles, trimestrielles ou encore semestrielles", dénonce Alain Bazot. Difficile alors pour le consommateur de mener une véritable étude comparative entre les différentes offres.

Des packages inutiles et surfacturés

Autre constat fait par l’UFC : les packages sont onéreux et inutiles. "Ils ne sont avantageux que pour les banques car ils multiplient les services superflus pour le client", explique le président de l’association. Ces offres, qui proposent aux consommateurs des chèques de banque, des SMS, un abonnement aux revues "maison", coûtent 26% de plus que lorsque ces services sont pris à l’unité.

L’UFC-Que Choisir formule donc sept propositions concrètes qu’elle remettra à Christine Lagarde. L’idée est d’obtenir plus de transparence et une diminution des prix. L’association souhaite, entre autres, voir se mettre en place une information préalable du consommateur avant le prélèvement des frais sur son compte, mais aussi une dénomination commune obligatoire des différents frais.

L’UFC-Que Choisir réclame également la création d’un observatoire des tarifs bancaires sur les opérations les plus courantes.

L'Association française des usagers des banques (AFUB) dénonce pour sa part qu'une même opération peut être présentée sous plusieurs termes par les banques. Ainsi la commission d'intervention perçue par les banques en cas de paiement irrégulier peut aussi être appelée selon les banques "frais de forçage" ou "frais d'écarté".

Une mission pour Richard Maillé

Le président du groupe UMP, Jean-François Copé, a confié mardi une mission au député UMP Richard Mallié pour faire "toute la lumière sur les commissions interbancaires", lors des paiements en carte bleue, et faire, "le cas échéant", évoluer le dispositif par la loi. Richard Mallié a déposé un amendement sur la question du coût induit pour les consommateurs et les commerçants des cartes bancaires.

"Il y a derrière ça une réalité économique tangible. Le prix de la sécurité absolue des achats par carte bancaire, c'est un taux de commissionnement par les banques qui est important (...). Les enjeux, c'est entre 2 et 3 milliards d'euros de pouvoir d'achat. Ce n'est donc pas seulement un match entre les banques et la grande distribution", a expliqué Jean-François Copé.

"C'est ma marque de fabrique"

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a, de son côté, promis mercredi de prendre de nouvelles "mesures" en cas d'abus constatés dans les frais bancaires, mais attend un rapport d'experts pour se prononcer.

"Chaque fois qu'il y aura des excès, chaque fois qu'il y aura des abus, je prendrai des mesures, c'est ma marque de fabrique", a assuré la ministre. Elle a toutefois précisé attendre, pour se prononcer, le rapport de la mission sur les frais bancaires confiée en mars à l'ancien directeur général du Crédit agricole Georges Pauget et au président du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) Emmanuel Constans.