The Lady, l’amour en otage

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The Lady, l’amour en otage
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Dans son nouveau film, Luc Besson raconte le sacrifice d’une femme, Aung San Suu Kyi, et de sa famille, par amour pour la démocratie. 

L’alliance de la fragilité et de l’héroïsme rappelle d’autres personnages féminins historiques ou fictifs qui ont inspiré le réalisateur, telle que Jeanne D’Arc ou Nikita. The Lady, le nouveau film de Luc Besson, raconte le destin extraordinaire de la dissidente birmane Aung San Suu Kyi.  

Fille du général Aung San, leader de la libération birmane, assassiné alors qu’elle n’avait que deux ans,  Aung San Suu Kyi, exilée en Angleterre, est mariée à un Occidental et mère de deux garçons. Revenue dans son pays natal en 1988 pour veiller sa mère mourante, elle est rattrapée par l’histoire. Elle devient, au prix de sa vie de famille, la voix de son peuple et la figure de la démocratie dans un pays contrôlé par une junte militaire tyrannique.

Parti-pris

Luc Besson fait des événements politiques la toile de fond de son récit mais on comprend vite que la personne, la mère et l’épouse l’intéressent davantage que le leader. Il cherche à l’incarner, à la personnifier, pour que l’icône n’efface pas la femme. Il filme le déchirement qui s’opère en elle alors qu’elle sacrifie les siens et la transformation de l’être qui s’engage. Elle a donné son mari, sa vie, ses enfants, tout donné pour son pays, résume le réalisateur. Le couple qu’il dessine à l’écran est très juste, entre une troublante Michelle Yeoh qui a adopté jusqu’aux gestes d’Aung San Suu Kyi et un David Thewlis -son mari dans le film- remarquable d’abnégation. On comprend combien l’amour qui les lie, au-delà de la séparation, au-delà du sacrifice, est l’amour d’une cause qu’ils partagent.

Un film efficace

Avec une bande-originale signée Eric Serra, le choc des images, et le regard un peu manichéen, Besson met l’accent sur l’émotion. Dans des scènes magistrales, comme lorsqu’Aung San Suu Kyi grimpe les marches d’une tribune pour prononcer son premier discours devant une foule de sympathisants, mais surtout dans des scènes plus intimistes. Quand elle écoute, isolée dans l’ombre de sa maison, l’oreille collée à une toute petite radio, la cérémonie de remise du prix Nobel, ou lorsque les époux se retrouvent après des mois d’absence, on n’échappe pas au frisson.

Découvrez un extrait du film :

Mais c’est face à l’horreur et dans la solitude imposée que le film prend vraiment : alors on comprend le combat d’Aung San Suu Kyi et on le partage. Luc Besson réussit à filmer avec efficacité l’histoire d’une famille dont le destin va se trouver lié à celui d’un peuple, et dont l’amour ne s’effritera pas malgré la douleur de la séparation et la violence du combat idéologique.

The Lady,  le nouveau film de Luc Besson, sera sur les écrans le 30 novembre prochain. Un film Europe 1.

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