"Il n'y a aucune volonté de sauver un quelconque soldat Cahuzac", assure Pierre Moscovici

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"Il n'y a aucune volonté de sauver un quelconque soldat Cahuzac", assure Pierre Moscovici
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Le ministre de l'Economie a été entendu hier par la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur l'affaire Cahuzac...

Après Christiane Taubira et Manuel Valls, Pierre Moscovici est le dernier ministre à avoir été entendu hier par la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur l'affaire Cahuzac, et notamment l'action du gouvernement dans ce dossier. Depuis que 'Mediapart' a révélé que l'ex-ministre du Budget avait dissimulé des comptes en Suisse, le ministre de l'Economie est soupçonné d'avoir tenté de le blanchir. Mardi, il s'est notamment vu reprocher d'avoir déclenché, le 24 janvier, auprès de la Suisse, une demande d'entraide fiscale à la fois intempestive et trop restrictive. Réunion du 16 janvier "Il n'y a aucune volonté de sauver un quelconque soldat Cahuzac", a assuré Pierre Moscovici, refusant d'accepter de telles allégations mettant en cause son honneur. "Il ne s'agissait en rien de parasiter, d'influencer ou de court-circuiter le travail de la justice", a-t-il ajouté, soulignant qu'aucun texte n'interdisait au fisc de poursuivre son travail pendant une enquête préliminaire. "Le procureur de Paris nous a dit que ça ne se fait jamais, que c'était sans précédent", a rétorqué le président UDI de la commission d'enquête, Charles de Courson. Mais c'est surtout la tenue d'une réunion au sommet à l'Elysée, au mois de janvier, qui a relancé les spéculations. Dans son livre "Jérôme Cahuzac, les yeux dans les yeux", la journaliste du 'Point' Charlotte Chaffanjon révèle que François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac lui-même se sont réunis le 16 janvier, après le conseil des ministres, pour décider d'une demande d'entraide administrative avec la Suisse... Une information confirmée mardi par le ministre de l'Economie. "Il y a un mur fissuré" Pourtant, Jérôme Cahuzac n'a pas évoqué sa présence à cette réunion. Le député UMP Georges Fenech a donc demandé qu'il soit réentendu par la commission. "Il n'y a plus de muraille, il y a un mur fissuré", a-t-il estimé. Gérald Darmanin, autre député UMP, a suggéré que Pierre Moscovici aurait pu estimer sa responsabilité engagée et donc présenter sa démission. "Il se trouve que j'ai la conviction tranquille d'avoir agi très exactement comme je le pouvais, compte tenu des moyens qui étaient en ma possession, et comme je le devais", lui a répondu l'intéressé. Interrogés avant Pierre Moscovici, les ministres de la Justice et de l'Intérieur, Christiane Taubira et Manuel Valls, ont également nié avoir disposé du moindre élément accréditant les soupçons visant Jérôme Cahuzac et en avoir informé le sommet de l'Etat.