Des parlementaires vantent les qualités du Bitcoin

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Des parlementaires vantent les qualités du Bitcoin
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Un rapport d'information suggère aux pouvoirs publics de ne pas rester en retrait et d'apprécier les possibilités qu'offre cette monnaie virtuelle.

Le Bitcoin traîne sa mauvaise réputation dans le monde entier, n'ayant trouvé de soutien auprès d'aucun gouvernement ou banque centrale. En France, l'Autorité des marchés financiers a mis en garde ces derniers mois contre les multiples risques liés à son utilisation, qu'ils soient juridiques, opérationnels ou financiers. Pourtant, le Sénat a trouvé des qualités à la monnaie virtuelle, que les parlementaires détaillent dans un rapport d'information. "Pour l'instant, le bitcoin relève avant tout d'une forme de troc en version numérique : parfois, ce qui était le plus archaïque peut devenir, grâce aux technologies d'aujourd'hui, le plus moderne et le plus innovant", estiment-ils pour justifier leur intérêt pour cette devise. "Des risques notoires" "Ce système, nous en sommes conscients, comporte des risques notoires", déclare Philippe Marini, le président de la Commission des finances du Sénat, cité dans ce document. Parmi eux, sa grande volatilité, le fait qu'il n'offre aucune garantie de convertibilité en monnaie "réelle", le manque de sécurisation de son stockage, et enfin l'anonymat dans les transactions qui "fait du bitcoin une aubaine pour la cybercriminalité ou le blanchiment". Mais les sénateurs estiment qu'avec davantage de contrôle, cette nouvelle devise pourrait aussi aussi s'avérer très utile. Pour Philippe Marini, "plus qu'une 'monnaie', le bitcoin est une technologie, un protocole de validation des transactions totalement décentralisé, 'auditable' par tous et très sécurisé. Or, s'il est possible de valider des transactions, pourquoi ne pas s'en servir pour valider autre chose ? Par exemple, des mots de passe, des titres d'identités, des diplômes et autres certificats, ou même des votes électroniques ! Dans un monde proche, personne ne pourrait plus frauder sur les diplômes qu'il a obtenus, et ce serait un progrès". "Ne pas rester en retrait" Le président de la Commission des finances du Sénat estime qu'il est donc "très important pour les pouvoirs publics d'apprécier ce phénomène tel qu'il est, de ne pas rester en retrait, d'intervenir à bon escient de guider les raisonnements. Il appartient au rapporteur général de nous éclairer sur cette dialectique entre innovation et régulation, qui apporte la sécurité nécessaire aux acteurs du marché". Le Bitcoin a encore fait parler de lui début juillet, avec le démantèlement d'une plate-forme de monnaie virtuelle et la saisie de 388 "bitcoins" d'une valeur avoisinant les 200.000 euros, une première en Europe. Dans le cadre de cette enquête, trois personnes ont été interpellées à Cannes, Nice et Toulouse. L'animateur présumé de cette plate-forme, qui fonctionnait sans agrément, est poursuivi pour "exercice illégal de la profession de banquier, travail dissimulé, blanchiment à titre habituel et offre illégale de jeux en ligne".