Sarkozy "au pied du mur"

Par Hélène Favier

Publié le 27 janvier 2012 à 18h53 Mis à jour le 30 janvier 2012 à 11h04

Nicolas Sarkozy est attendu dimanche soir à la télévision pour dévoiler des mesures "choc", dont une hausse de la TVA et de la CSG, destinées à enrayer la hausse du chômage et perturber la course en tête de son rival socialiste François Hollande dans la bataille pour l'Elysée.

Nicolas Sarkozy est attendu dimanche soir à la télévision pour dévoiler des mesures "choc", dont une hausse de la TVA et de la CSG, destinées à enrayer la hausse du chômage et perturber la course en tête de son rival socialiste François Hollande dans la bataille pour l'Elysée. © REUTERS

Le président-quasi-candidat, en quête d’un coup d’éclat, intervient dimanche à la télévision.

Objectif est simple, reprendre la main à 12 semaines de la présidentielle. Dimanche soir à la télévision, Nicolas Sarkozy va dévoiler et détailler un ultime paquet de réformes censé enrayer la progression du chômage et doper au passage sa candidature non-officialisée.

Rarement exercice de pédagogie économique n'a été aussi attendu. Et pour cause, le président, plombé dans les sondages, doit absolument, à l’occasion de cette intervention, trouver le moyen de se relancer dans la course à l'Elysée face à un François Hollande, dont la campagne a connu un sérieux coup d’accélérateur, depuis le week-end dernier au Bourget.

Un président en difficulté

Nicolas Sarkozy "est désormais au pied du mur", analyse pour Europe1.fr le politologue Stéphane Rozès, fondateur de l’agence CAP. "Et ce pour plusieurs raisons. Sa posture de président-candidat a d’abord du plomb dans l’aile. Depuis la perte du triple A, Nicolas Sarkozy ne peut plus endosser l’image du candidat qui retient la France au bord du précipice", ajoute le politologue.

D’autant que depuis qu’il a dévoilé son programme chiffré, François Hollande ne cesse de se présenter comme un candidat crédible, capable - lui-aussi - d’apporter des solutions solides face à la crise. Dans un contexte anxiogène, l’élu de Corrèze s’applique aussi à envoyer un message "protecteur" et "rassurant" aux Français, martelant : "La France n’est pas le problème. La France est la solution".

Nicolas Sarkozy ne pourra plus se contenter de son habituel discours de la capitaine dans la tempête. "Nicolas Sarkozy est également en difficulté dans la mesure où François Hollande, au Bourget, l’a lourdement attaqué sur les fondamentaux républicains du pays, accusant le président sortant d’avoir désacralisé la fonction", juge encore Stéphane Rozès.

Bayrou torpille son électorat

Le politologue estime donc, pour ces raisons, que "Nicolas Sarkozy aurait tout intérêt à se déclarer candidat à la présidentielle au plus vite". Il est d’autant plus urgent "qu’il reprenne la main que François Bayrou, positionné au centre, centre-droit, est en train de dévier une partie de son électorat. Plus Nicolas Sarkozy attend, plus certains de ses électeurs franchissent le pas et rejoignent François Bayrou", assène Stéphane Rozès.

Une éventuelle déclaration de candidature à l'élection présidentielle est cependant écartée par son entourage. "Ce n'est pas à l'ordre du jour, le calendrier a toujours été le même en ce qui le concerne, il ne le changera pas", affirme-t-on à l'Elysée, où l'on ne souhaite surtout pas donner l'impression d'une fébrilité ou d'un sentiment d'urgence face à un candidat socialiste en train de gagner en crédibilité auprès des Français.

Sarkozy, en quête d’un coup d’éclat

"Aujourd'hui, il part du principe que la crise est assez grave pour qu'un président de la République s'occupe matin, midi et soir des Français et pas d'une campagne présidentielle qui a lieu dans plus de deux mois. C'est un état d'esprit", assure-t-on à l'Elysée. Il n'empêche que c'est un oeil rivé vers l'élection que Nicolas Sarkozy s'appliquera à déployer son volontarisme pour convaincre des téléspectateurs, qui sont aussi des électeurs, qu'il est bien l'homme de la situation.

"Le président doit s’obliger à renouer avec le pays, se montrer à l’écoute, faire acte de contrition pour certains épisodes de son quinquennat", insiste Stéphane Rozès. Dans ce contexte, le candidat risque de prendre vite le pas sur le président. Le CSA a d'ailleurs indiqué que son temps de parole serait décompté quand il interviendra "en tant que candidat présumé".

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