La pluie fait des siennes en Haïti

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avec Emmanuel Renard (sur place) , modifié à
La saison des pluies a commencé, qui complique la vie des milliers de sans-logis. Reportage.

Un million de personnes restent mal-logées en Haïti, près de trois mois après le séisme du 12 janvier. Et la vie des sinistrés risque de se compliquer encore un peu plus, avec le début de la saison des pluies. Pour les survivants installés sur la place Saint-Pierre, à Port-au-Prince, chaque déluge est attendu avec crainte.

Jeudi soir. Les enfants sont endormis, les adultes discutent paisiblement autour des dernières cendres du réchaud à charbon. Il est 23h30, l’ambiance est calme et apaisée, quand tout à coup, le déluge s’abat sur le camp et sème la panique. En 10 secondes, il faut tout rentrer. Le camp de la place Saint-Pierre, c’est 300 personnes sur 500 m² en forte pente, entassées sous des bâches. Ici, pas de tentes, de simples matelas au sol, et en moins de 5 minutes, la terre battue du camp s’est transformée en une mare de boue.

Glissements de terrain

"Je ne sais pas comment on peut faire pour dormir. On va tous dormir au même endroit. 35 personnes dans une seule tente", se lamente Fabienne. Ses deux filles de 3 et 5 ans se réveillent. Fabienne les prend dans ses bras. Son cousin Matthieu se met lui en bordure de bâches pour protéger les femmes et les enfants. "Avec la pluie, on craint les glissements de terrain. Nous allons rester debout toute la nuit. On attend le gouvernement."

L’ONU a recensé sept camps à évacuer en priorité à cause de glissements de terrain. Celui de la place Saint-Pierre, 10 mètres de dénivelé en pente raide, n’en fait pas partie...