Berlusconi pas candidat "par amour"

Par Charles Carrasco

Publié le 25 octobre 2012 à 13h52 Mis à jour le 25 octobre 2012 à 17h53

Berlusconi pas candidat "par amour"

© Reuters

Le "Cavaliere" a entretenu le doute sur sa candidature aux législatives, avant de renoncer.

Il a mis fin à plusieurs mois de suspense sur son éventuel retour à la tête du gouvernement italien. Près d'un an après avoir quitté le pouvoir, Silvio Berlusconi a annoncé mercredi qu'il renonçait à présenter sa candidature aux élections législatives de 2013 en Italie.

Depuis son retrait sous les huées en novembre 2011, le "Cavaliere" soufflait le chaud et le froid sur son retour en politique. Une stratégie pas dénuée d'intérêts politiques et médiatiques.

Dette : Berlusconi mis au pied du mur

© Reuters

• Déprimé l'été, requinqué à l'automne. L'ancien homme fort de l'Italie a passé un été où ses proches le disaient "très déprimé". Les rumeurs vont alors bon train et les médias italiens rapportent qu'il a passé son temps à maigrir et à faire du jogging dans le but de s'engager dans la bataille des législatives en 2013. La starlette allemande Sabina Began, qui affirmait être enceinte de l'ex-chef de gouvernement italien dans une interview au journal Il Fatto Quotidiano, se dit même convaincue d'un come-back du "Cavaliere".

Voyant les partis politiques italiens en difficulté, Berlusconi semble se tenir prêt à devenir le "recours" inévitable. Le 11 août, Libération publie une interview dans laquelle il explique que son parti le presse de revenir. En septembre enfin, il convoque journalistes et lecteurs du journal Il Giornale sur un bateau de croisière. Un entretien de plus de deux heures dans lequel il détaille ce qui s'apparente à un programme de campagne.

>>> A lire : Berlusconi va-t-il faire son come-back ?

• Une cure de rajeunissement. Mais l'hypothèse d'un retour de Silvio Berlusconi, à la faveur des frustrations que provoque la cure de rigueur imposée par Mario Monti, divisait déjà les Italiens : la gauche, les centristes et une grande partie des milieux d'affaires craignaient qu'il ne s'impose à nouveau, alors qu'une partie de la droite conservatrice lui reste attachée. Depuis sa chute, les électeurs catholiques se sont progressivement éloignés de lui. Cet hypothétique retour servait à "tâter le terrain, observer le comportement des électeurs face à ces déclarations et ainsi élaborer une stratégie gagnante en fonction", analysait Marco Damilano, journalistique à L'Espresso, interrogé par Rue89.

Mais le "Cavaliere", toujours très présent médiatiquement, a fini par se rendre à l'évidence. Globalement, "il y a en Italie une aspiration au rajeunissement de la politique", décrypte Gilles Pécout, spécialiste de l'Italie à l'Ecole normale supérieure (ENS), interrogé par Europe1.fr. Actuellement, Mario Monti, le président du Conseil italien, "mène une politique très dure, qui s'apparente aux tendances néo-libérales. Mais en même temps, Monti incarne une autre tendance, celle de la rigueur, l'austérité. Une autre Italie", à laquelle aspire la majorité des Italiens.

Berlusconi pas candidat "par amour"

© Reuters

Le "Cavaliere" veut encore peser en politique. Bien qu'il soit aujourd'hui en retrait, Silvio Berlusconi veut peser dans le choix de son "successeur" au sein de son parti, le Peuple de la Liberté (PdL). Il l'avoue clairement. "Avec les élections primaires ouvertes dans le PdL, nous saurons d'ici décembre qui sera mon successeur, à l'issue d'une compétition libre et sereine entre personnalités et idées diverses".

A contrecœur, lui a finalement préféré se retirer, en montrant qu'il conservait un rôle politique et ce même si "le parti ne voulait pas l'avoir comme porte-bannière", précise Gilles Pécout. "Il n'a pas été soutenu. Les gens autour de lui ont compris qu'il fallait en finir", ajoute-t-il. Un retrait de la course qui intervient au moment où son parti fait face à une vague de scandales de corruption, notamment dans le Latium (Rome) et en Lombardie (Milan).

Berlusconi a réussi à conserver Pato

© REUTERS

• Une lettre d'amour pour finir. Si Berlusconi est bien diminué politiquement, il est aussi empêtré dans les affaires judiciaires qui ne sont pas toutes réglées. Au vue de son communiqué, le "Cavaliere" croit toujours à sa relation particulière avec l'Italie. Et surtout, il n'annonce pas clairement qu'il se retire de la politique.

"Par amour de l'Italie, on peut faire des folies ou des choses sages. Il y a dix-huit ans, je suis entré en politique, une folie qui n'était pas dénuée de sagesse. Maintenant je préfère faire un pas en arrière pour les mêmes raisons d'amour qui m'avaient poussées alors", a-t-il indiqué dans un communiqué aux allures de missive sentimentale aux Italiens. "Je ne représenterai pas ma candidature au poste de président du Conseil et je demeure aux côtés des plus jeunes qui doivent jouer et marquer des buts". La partie politique n'est donc pas véritablement finie. En Italie, les conjectures vont déjà bon train sur la création d'un nouveau parti similaire à "Forza Italia". C'est justement cette bannière politique qui avait épaulé son entrée triomphale en politique en 1994.

>>> A lire : Rubygate : Berlusconi dément en bloc

  • a a
2

Et aussi

Live - Élections US 2012
Pour retrouver tout le live Cliquez ici
301 Moved Permanently

Moved Permanently

The document has moved here.

301 Moved Permanently

Moved Permanently

The document has moved here.

Ajouter un commentaire

Votre commnentaire a bien été envoyé, vous allez recevoir un email de confirmation

Message d'erreur

    En ce moment sur Europe 1

    Le flash international
    1. 15h59

      Eurovision : l'Allemagne accuse l'austérité

    2. 13h31

      Tunisie : affrontements à Kairouan

    3. 12h57

      Tunis : heurts entre policiers et salafistes

    4. 12h49

      Pentecôte : 200.000 fidèles à Rome

    5. 11h13

      Tunisie-Kairouan : les salafistes renoncent

    6. 11h12

      Mali : "l'après-guerre a commencé" (Le Drian)

    7. 11h06

      14 juillet : des troupes africaines défileront

    8. 10h59

      Pour le Drian, Bercy ne fait pas ce qu'il veut

    9. 10h55

      L'armée syrienne lance l'assaut sur Qousseir

    10. 10h54

      Tunisie-salafistes: le porte-parole interpellé

    1. 10h50

      Le Drian : "menace sur le cyberespace"

    2. 10h35

      Tirs nord-coréens: "provocation" (Ban Ki-moon)

    3. 10h34

      Le Drian : "faire en sorte que l'Europe assure sa Défense"

    4. 08h39

      Floride: un billet de loterie à 590M de $

    5. 08h15

      400.000 dollars pour une guitare des Beatles

    6. Hier

      Trois morts dans une explosion à Damas

    7. Hier

      Consensus sur le réchauffement climatique

    8. Hier

      Merkel reçue 45 minutes par le pape François

    9. Hier

      Textile : Leclerc présent au Bangladesh

    10. Hier

      Depardieu : Poutine "comme Jean Paul II"

    1. Hier

      Syrie : une actrice anti-Assad libérée

    2. Hier

      Coronavirus : nouveau cas en Arabie saoudite

    3. Hier

      Japon : séisme, pas d'alerte au tsunami

    4. Hier

      Collision ferroviaire-New York : 50 blessés

    5. Hier

      Mali-Trierweiler : "je n'oublierai jamais"

    6. Hier

      Irak : 67 morts dans des attaques

    7. Hier

      George Michael légèrement blessé

    8. Hier

      Loto : un ticket gagnant dans un pot de cookies

    9. Hier

      Tunisie : le rassemblement des salafistes interdit

    10. Hier

      GB : des restes d'un Français retrouvés

    1. Hier

      Conférence/Syrie: Paris ne veut pas de l'Iran

    2. Hier

      Un facteur avait 400 kg de courrier chez lui

    3. Hier

      Prague : trouver l'âme sœur dans le métro

    4. Hier

      Grèce : un député salue Hitler

    5. Hier

      Interpol : une demande d'arrestation contre Saïd Arif

    6. Hier

      L'ex-dictateur argentin Videla est mort

    7. Hier

      Les comptes Twitter du Financial Times piratés

    8. Hier

      Juan Carlos contraint de céder son yacht

    9. Hier

      Accident de tram-train à Hong Kong

    10. Hier

      Syrie/armes chimiques : l'ONU veut enquêter

    1. Hier

      Chine : condamnée à mort pour escroquerie

    2. Hier

      3/4 des gays n'osent pas s'afficher en public

    3. Hier

      Esplanade des Mosquées : accès restreint

    4. Hier

      Fusillade/Nouvelle-Orléans : 2 frères inculpés

    5. Hier

      La maison Barbie ne plaît pas aux Femen

    6. Hier

      Accusation de pédophilie contre Jackson

    7. Hier

      Fisc US : Obama a appris par la presse

    8. Hier

      Le Drian : "la vigilance s'impose" au Sahel

    9. Hier

      Boston : le message de Tsarnaev

    10. Hier

      USA : 6 morts après des tornades au Texas

    Europe 1 sur les réseaux sociaux
    Europe 1 Vidéos

    Pour retrouver les vidéos d'Europe1, cliquez ici

    Humour, politique, culture, sport, économie, découvrez toutes les vidéos d'Europe1.

    Toutes les vidéosVidéos les plus vues
    Evénement

    Elections américaines et françaises, regards croisés

    Elections américaines et françaises, regards croisés

    Jonathan Mann, Laurent Guimier et David Abiker débattent sur le thème des élections présidentielles américaine et française.