Avec deux autres suspects, il a été interpellé lors d'une saisie massive d'armes.
C'est une saisie inédite d'armes à feu. Samedi, les enquêteurs de la police judiciaire ont découvert une vingtaine de kalachnikov dans un box de la banlieue de Belfort, transformé en vrai supermarché de l'armement. La PJ y a également trouvé dix autres fusils d'assaut, dont plusieurs M16, et autant de pistolets automatiques. Le tout était accompagné de 90.000 munitions. En plus de cet arsenal d'armes à feu, les policiers ont récupéré près de 20 kg de nitroglycérine et 80 détonateurs. Une somme de 50.000 euros a également été confisquée.
Cette saisie importante est intervenue à l'issue de l'interpellation de trois individus en pleine transaction : le fournisseur et deux grossistes présumés. Ces trois hommes ont été mis en examen, notamment pour transport, détention, cession d'armes et de munitions en bande organisée, dépôt d'armes en bande organisée et association de malfaiteurs, et incarcérés, selon les informations recueillies par Europe 1.
Vaste trafic de kalachnikov
Le procureur de Paris, François Molins, a indiqué mercredi lors d'une conférence de presse que "tout donne lieu à croire que ces armes étaient vraisemblablement destinées à alimenter le milieu du banditisme dans le sud de la France et en région parisienne"
Le premier des interpellés a été présenté comme le fournisseur et pourrait même être qualifié de "fabriquant" : cet homme de 47 ans rachetait des armes "démilitarisées" puis les rendaient opérationnelles. Un véritable "orfèvre", selon la description du directeur de la PJ, Christian Lothion.
Ces armes transformées étaient ensuite revendues à un ami corse, proche du groupe armé nationaliste aujourd'hui disparu Armata Corsa. Interpellé samedi alors qu'il venait se réapprovisionner au "magasin", l'homme avait déjà été entendu par la police pour des affaires de droit commun.
Le troisième interpellé est un homme originaire du Val-de-Marne, âgé de 68 ans, déjà condamné à une dizaine de reprises et fiché au grand banditisme
Six mois d'enquête
L'enquête a été ouverte en mai 2012. Pour le patron de la PJ, Christian Lothion, cette saisie signifie le démantèlement de tout une filière de trafic : "généralement, on part d'une saisie sèche et puis cela s'arrête là" explique-t-il au micro d'Europe 1. Cette fois-ci, les enquêteurs sont remontés à "la source" se félicite-t-il : "C'est comme avec les stupéfiants, on remonte très rarement sur les trafiquants et les importateurs. Là , si on parlait de stups, nous étions au laboratoire ".
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