Olivier Bousquet (Google) : "Tous nos ingénieurs sont formés à l'intelligence artificielle"

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Le directeur du nouveau centre de recherches sur l'intelligence artificielle de Google en France s'est confié à Europe 1 sur ses projets.
INTERVIEW

Après Facebook, c'est au tour de Google d'ouvrir un centre de recherche sur l'intelligence artificielle en France. La firme inaugurait son installation mardi. A cette occasion, Europe 1 a rencontré Olivier Bousquet, son directeur, pour mieux comprendre les raisons de son implantation dans le pays. Il revient aussi sur les travaux déjà réalisés par les centres d'intelligence artificielle de Google dans le monde, et notamment celui de Zurich.

Pourquoi ouvrir un tel centre à Paris ?

La France a un certain nombre d'atouts pour développer un écosystème de l’intelligence artificielle. D'abord, il y a un écosystème éducatif de très grande qualité. On trouve aussi des chercheurs de talent qui sont reconnus dans le monde entier et des centres de recherches, comme l'INRIA, qui sont très bien placés dans l’intelligence artificielle. Par ailleurs, le gouvernement a également exprimé une volonté, à travers le rapport Villani, d'investir et de développer l'intelligence artificielle en faisant travailler le privé et le public ensemble. C'est ce qui nous a attiré car cela permet de créer des partenariats et donc d'avoir une recherche ouverte.

C'est une vraie différence ?

Oui, car cela va créer un cercle vertueux qui fait avancer plus efficacement. Cela permet d'avoir un aller-retour permanent entre les différents acteurs de la communauté scientifique : nous allons publier l'ensemble de nos recherches, d'autres vont s'en inspirer pour améliorer les standards et nous-même, ensuite, allons nous inspirer de ces avancées. Donc c'est beaucoup plus efficace.

Comment va s'organiser le laboratoire ? Sur quoi va-t-il travailler ?

Il va y avoir plusieurs équipes distinctes. Certaines sont déjà en place, d'autres vont arriver ensuite. La première étape est d'avoir un noyau de chercheurs en intelligence artificielle fondamentale (la base de tous les travaux) et, ensuite, d'avoir des ingénieurs qui vont développer les usages. Parmi les chercheurs que nous avons recrutés, l'un s’intéresse à l'apprentissage automatique (machine learning) dans le domaine de la santé et plus spécifiquement du génome. Ce sera l'occasion pour nous de développer des applications dans le domaine de l'analyse du génome. Une autre chercheuse est plus spécialisée dans l'analyse des images et des vidéos pour permettre ensuite de mieux les trier et de faire des recherches dedans.

Aujourd'hui, lorsqu'on utilise les applications de Google, on utilise déjà de l'intelligence artificielle ?

Oui, aujourd'hui, l'ensemble de nos produits utilise l’intelligence artificielle. Cela permet de les améliorer et de les rendre plus simple d'utilisation. Concrètement, dans l'applications Google Photos, quand vous prenez des photos avec votre smartphone, elles sont analysées automatiquement pour vous permettre de les retrouver ensuite. Si vous dites 'Ok Google, montre-moi les photos de ma folle au ski', il va vous montrer les images de votre fille au ski grâce aux algorithmes de compréhension d'image qui sont dedans.

On voit parfois des intelligences artificielles qui dévient totalement, comment gérez-vous cela ?

C'est vrai. Comme les intelligences artificielles sont basées sur l'usage de données, si cette base de données est biaisée, le système peut exploiter ses failles. Il faut donc s’assurer que l'on peut construire des systèmes qui ne seront pas induits en erreur, notamment en vérifiant bien la base de données de départ.

Combien de personnes travaillent sur l'intelligence artificielle chez Google ?

Nous ne communiquons pas de chiffres exacts. En France, nous avons 200 ingénieurs, dont une partie travaille sur l’intelligence artificielle. Mais c'est tellement important que, désormais, tous les ingénieurs de Google sont formés à l'intelligence artificielle.

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