Élections européennes : Facebook déploie son dispositif anti-ingérence

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Facebook AFP
Facebook veut davantage contrôler l'origine des publicités ayant pour cible les électeurs de l'Union européenne. © LOIC VENANCE / AFP
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Facebook va contraindre ceux qui veulent diffuser des publicités à propos des élections européennes à suivre une procédure d'autorisation.

Facebook a annoncé vendredi le lancement de son dispositif de transparence publicitaire dans l'Union européenne, qui vise à combattre les tentatives d'ingérence étrangère dans la campagne pour les élections européennes.

 

Déployé depuis l'an dernier dans des pays où se sont tenues des élections, notamment lors des "mid-terms" aux États-Unis, au Brésil ou en Inde, ces outils obligeront toute personne ou entité qui veut diffuser au sein de l'UE des publicités sur Facebook et Instagram, en lien avec les élections (qu'elles fassent référence à des candidats ou des listes, où à des thèmes politiques plus généraux), à suivre une procédure d'autorisation, a expliqué le réseau sur son site.

Informations disponibles sur les publicités

Cette procédure, qui s'ouvre ce vendredi, devra être effectuée dans le pays de l'annonceur (ce qui signifie qu'on ne pourra pas payer pour diffuser une campagne depuis un autre pays), et les demandeurs devront fournir des documents d'identité et des coordonnées détaillées, pour permettre des vérifications. Cela vise à empêcher que des organisations ou personnes étrangères ne tentent d'influencer le vote d'électeurs européens, via des publicités sur Facebook ou sa filiale Instagram.

Le dispositif permettra en outre à tout utilisateur d'obtenir des informations sur les publicités concernées : qui les a payées, quels sont le ou les territoires visés, combien de fois ont-elles été vues et quel a été le montant déboursé. En revanche, on ne pourra pas savoir si certaines catégories d'utilisateurs ont été ciblées.

Données plus accessibles

Par ailleurs, toutes ces publicités électorales seront archivées durant sept ans au sein d'une bibliothèque numérique ("Ad Library"), d'accès libre, qui permettra aux médias, chercheurs, politologues, ONG, de les étudier. Les autorités pourront en outre s'en servir si nécessaire pour des investigations.

Et le groupe, comme il s'était engagé sous la pression d'ONG après avoir mis en place certaines restrictions, va ouvrir son interface de programmation (ou API) à des tiers, pour faciliter l'exploitation de ces données. Le réseau assure également qu'il a mis en place un système pour identifier les publicités qui tenteraient d'échapper à ces règles (notamment en surveillant les références à certains sujets à résonance politique, comme l'immigration ou l'environnement), et appelle ses utilisateurs à lui signaler tout abus.