Tout comprendre à la polémique autour du projet de vente d'une partie du Mondial de foot à des investisseurs privés

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En annonçant sa volonté d'ouvrir le capital d'une société, qui gèrerait notamment ses activités commerciales et l'organisation de la Coupe du monde, à des investisseurs privés, la FIFA a suscité une forte inquiétude chez plusieurs fédérations. De quoi relancer les interrogations sur sa proximité avec Donald Trump. 

Au sortir d'une Coupe du monde marquée par de nombreuses polémiques, la FIFA et son président, Gianni Infantino, continuent de faire parler d'eux. L'instance a annoncé mardi vouloir créer une société, la "Fifa Forward Enterprise (FFE), chargée de gérer ses activités commerciales, d'organiser ses tournois, dont la Coupe du monde et d'accroître "le financement alloué au développement du football".

Des tiers pourraient y réaliser "des investissements minoritaires" (à hauteur d'environ 20%, au maximum) indique la FIFA, qui précise qu'elle garderait le contrôle exclusif de cette filiale, "à travers une représentation majoritaire au conseil d'administration".

Un fonds d'investissement lié à la famille Trump

L'instance dirigeante du football mondial, qui reste une association à but non lucratif, espère lever "4,2 milliards de dollars" d'ici la fin de l'année grâce à cette société, et pouvoir ainsi porter à 10 milliards de dollars l'enveloppe destinée à financer le développement du football, sur les quatre prochaines années.

Un gage de bonne volonté sur le papier, sauf que de nombreux observateurs, et pas des moindres, comme le commissaire européen Glenn Micallef, y voient un risque de non-respect du "droit de la concurrence". En cause, le fait que l'instance mondiale ait indiqué travailler avec la banque d'affaires J.P. Morgan, et le fonds d'investissement Thrive Eternal pour réaliser ce projet. Thrive Eternal, fondé par Joshua Kushner, frère de Jared... qui n'est autre que le gendre de Donald Trump.

Selon plusieurs médias internationaux, dont le Times, un courrier aurait même été envoyé par Gianni Infantino aux 211 fédérations membres de la FIFA. La promesse de ce dernier ? Que ces fédérations soutiennent l'ouverture du capital de la future société commerciale avant le 19 septembre, en échange d'une augmentation de leurs revenus pour le cycle 2027-2030 (à hauteur de 40 millions de dollars).

"Beaucoup d'interrogations"

Les réactions n'ont pas tardé, l'UEFA clamant par exemple, dans un communiqué, que "l'âme et la gouvernance du football ne sont pas des capitaux sur lesquels faire de la spéculation, surtout sans transparence sur la destination des bénéfices financiers".

La Fédération anglaise s'est, elle, dit "profondément préoccupée" par l'idée d'ouvrir la porte aux investisseurs privés, tout comme la FFF. "Nous avons découvert à travers un communiqué de presse un projet très important sur lequel nous n'avons aucun détail. Et qui (...) soulève beaucoup d'interrogations sans que les membres que nous sommes, fédérations, n'aient pu être associés et ne disposent d'aucun élément particulier pour se prononcer sur des sujets qui sont, évidemment, fondamentaux pour l'avenir du football", a déploré Philippe Diallo, président de la 3F, sur France Inter.

Si ce dernier a assuré qu'il mènerait des échanges avec les principales fédérations européennes et le président de l'UEFA Aleksander Ceferin, pour savoir "comment appréhender" ce projet, pas certain néanmoins qu'il prenne du plomb dans l'aile. 

Outre la position délicate de Diallo, qui pourrait vouloir ménager sa relation avec le président de la FIFA en vue d'une potentielle candidature française pour accueillir le Mondial 2038, difficile d'imaginer les plus petites fédérations passer à côté de l'opportunité de tripler, voire quadrupler leurs revenus. Le président de la Fédération tchèque a d'ailleurs déjà annoncé son soutien à l'initiative.