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Tour de France 2026 : Pogacar, Vingegaard, Seixas, Evenepoel… une bataille à quatre pour une Grande Boucle de folie

Longtemps réduit au duel Pogacar-Vingegaard, le Tour de France 2026 s’annonce plus ouvert que jamais. Avec Paul Seixas et Remco Evenepoel en embuscade, la Grande Boucle pourrait offrir une bataille à quatre sur un parcours taillé pour les écarts. [Bernard PAPON / POOL / AFP]

Longtemps réduit au duel Pogacar-Vingegaard, le Tour de France 2026 s’annonce plus ouvert que jamais. Avec Paul Seixas et Remco Evenepoel en embuscade, la Grande Boucle pourrait offrir une bataille à quatre sur un parcours taillé pour les écarts. 

Depuis cinq ans, le Tour de France se résume presque à un duel au sommet entre Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard. Mais cette fois, la Grande Boucle pourrait enfin changer de dimension. Derrière les deux extraterrestres, deux hommes semblent capables de bousculer l’ordre établi : Paul Seixas, prodige français de 19 ans, et Remco Evenepoel, porté par une armada Red-Bull-BORA-hansgrohe impressionnante avec Florian Lipowitz, Jai Hindley, Mattia Cattaneo, Maxim Van Gils et Jan Tratnik. 

De Barcelone à Paris, ce Tour 2026 promet une bataille à quatre comme on n’en avait plus vu depuis longtemps. Le parcours pourrait rapidement faire exploser les certitudes. Dès le départ à Barcelone, le contre-la-montre par équipes de 19 km donnera une première indication sur la solidité des équipes présentes au départ de cette Grande Boucle.

Les Pyrénées arriveront très vite, avec notamment la montée inédite vers Gavarnie-Gèdre, avant une longue traversée des massifs français. Le Tour visitera les Pyrénées, le Massif central, les Vosges, le Jura puis les Alpes, avec huit étapes de montagne et cinq arrivées en altitude. 

Le Plateau de Solaison, Orcières-Merlette, puis surtout les deux arrivées à l’Alpe d’Huez lors des 19e et 20e étapes pourraient peser très lourd. Le seul contre-la-montre individuel, entre Evian-les-Bains et Thonon-les-Bains, sera court, mais pourrait permettre aux rouleurs-grimpeurs de reprendre du temps. Et comme en 2025, la butte Montmartre animera la dernière étape vers les Champs-Élysées, avec une triple ascension de la rue Lepic. 

Tadej Pogacar, le grand favori

Sur le papier, Tadej Pogacar reste pourtant l’homme à battre. Le Slovène d’UAE Team Emirates - XRG semble même plus intouchable que jamais. Sa saison est presque parfaite : vainqueur des Strade Bianche, de Milan-Sanremo, du Tour des Flandres, de Liège-Bastogne-Liège, du Tour de Romandie et du Tour de Suisse, il a écrasé la concurrence partout où il est passé. La seule course qui lui a échappé, c’est Paris-Roubaix, où il a été battu au sprint par Wout van Aert. 

Mais Jonas Vingegaard n’a rien d’un second rôle. Le Danois de la Team Visma | Lease a Bike est lui aussi invaincu dans son registre depuis le début de la saison, d’autant que les deux hommes ne se sont pas affrontés directement. Vainqueur de Paris-Nice, du Tour de Catalogne et du Tour d’Italie, Vingegaard arrive avec une confiance immense. Il rêve désormais de rééditer l’exploit réalisé par Pogacar en 2024 : le doublé Giro-Tour. Le pari est énorme, mais le Danois semble avoir retrouvé toute sa confiance et de l'assurance après plusieurs saisons perturbées par les chutes et les blessures. 

Est-ce que Paul Seixas va terminer sur le podium à Paris ? 

Derrière eux, Paul Seixas sera l’une des grandes attractions de cette édition. À 19 ans, le coureur de Decathlon CMA CGM Team va découvrir le Tour de France, mais sa participation n'est pas un apprentisage. Le public français espère tout d'abord qu'il s’est parfaitement remis de sa chute sur le Tour Auvergne - Rhône-Alpes, où il avait abandonné lors de la 7e étape alors qu’il était encore en course pour la victoire finale. Mais son niveau affiché cette saison en fait un outsider très solide pour le podium. Il a franchi un nouveau cap en survolant la concurrence sur le Tour du Pays basque, avant de se montrer largement au-dessus sur le Tour Auvergne - Rhône-Alpes. 

Remco Evenepoel sera l’autre grand candidat au podium. Son début de saison n’a pourtant pas été totalement rassurant, avec une 10e place sur l’UAE Tour puis une 5e place sur le Tour de Catalogne. Mais le Belge est monté en puissance au meilleur moment. Son podium sur le Tour des Flandres puis sur Liège-Bastogne-Liège a montré qu’il retrouvait les jambes des très grands jours. Surtout, il pourra compter sur une équipe Red-Bull-BORA-hansgrohe bâtie pour peser collectivement sur la course. Avec Florian Lipowitz, Jai Hindley, Mattia Cattaneo, Maxim Van Gils et Jan Tratnik, Evenepoel n’a peut-être jamais été aussi bien entouré sur un Grand Tour. 

Isaac del Toro, l'interrogation de ce Tour de France

Et si la surprise venait d’Isaac del Toro ? Le Mexicain sera le coéquipier de luxe de Pogacar chez UAE Team Emirates - XRG, mais son niveau interroge forcément. L’an dernier, sans être le leader de sa formation, il était passé tout près de remporter le Tour d’Italie pour sa première participation, finalement 2e après une erreur de jeunesse. Cette saison, il a remporté l’UAE Tour, Tirreno-Adriatico et le Tour Auvergne - Rhône-Alpes. Sur sa valeur pure, il ressemble presque à un favori pour la 3e place. Reste à savoir jusqu’où son rôle d’équipier pourrait le contraindre, quitte à lui faire perdre de précieuses minutes. 

Côté français, Paul Seixas concentrera évidemment une grande partie des regards, mais il ne sera pas le seul à porter les espoirs tricolores. Lenny Martinez, chez Bahrain-Victorious, devrait viser le maillot à pois. Avec Antonio Tiberi comme leader de sa formation, il pourrait disposer d’une vraie liberté pour partir à l’attaque, viser plusieurs victoires d’étape et s’installer dans la bataille du classement de la montagne. Alex Baudin aura lui aussi une belle carte à jouer. 

Plusieurs victoires d'étapes pour les Français ? 

Excellent puncheur, il a encore pris du galon cette saison en remportant la première étape du Tour Auvergne - Rhône-Alpes, où il a porté le maillot jaune plusieurs jours avant de terminer 12e du classement général. Sa 4e place sur le championnat de France a confirmé sa grande forme. Sur des étapes accidentées, il a le profil idéal pour se glisser dans les bons coups. 

La Groupama-FDJ United pourra aussi espérer briller. Romain Grégoire aura forcément à cœur de se montrer avec son maillot de champion de France fraîchement remporté. Derrière lui, Ewen Costiou, Clément Berthet et Guillaume Martin ont la légitimité pour viser un Top 15 au classement général, voire mieux si la course leur sourit. Dans un Tour aussi montagneux, leur régularité et leur sens de la course peuvent faire la différence.

Kévin Vauquelin, désormais chez Netcompany INEOS, voudra de son côté rééditer son exploit de l’an dernier, lorsqu’il avait terminé 7e du classement général. Mais le Français a été malade ces derniers jours et ses dernières sorties n’ont pas totalement rassuré. Dorian Godon, vainqueur d’étape au sprint sur Paris-Nice, le Tour de Catalogne et le Tour de Romandie, aura davantage le profil d’un chasseur d’étapes, notamment sur des journées tortueuses où les sprinteurs purs pourraient être piégés. 

Enfin, il faudra aussi surveiller Valentin Paret-Peintre, chez Soudal-Quick Step, vainqueur au sommet du Ventoux l’an dernier sur le Tour de France, ainsi que Julian Alaphilippe, désormais chez Tudor, toujours capable d’un coup d’éclat. Le Tour 2026 risque de faire rêver, au-delà des passionnés.