Fondé par l’Américain Brad Parks en 1976, le tennis-fauteuil fête son demi-siècle. Si la discipline reste relativement confidentielle, elle est néanmoins en plein développement. Reportage à Roland-Garros.
Ces jours-ci, le public de Roland-Garros peut croiser dans les allées, Yannick Noah. Il n’est pas là pour son glorieux passé de champion (lauréat en 1983 de la Coupe des Mousquetaires) mais en tant que coordinateur du para-tennis français : "Il y a quarante ans, c’étaient les débuts du tennis en fauteuil. C’est vrai qu’il se développe. Mais il y a encore beaucoup de travail en termes de détection ou pour faire connaître la discipline", confie-t-il au micro d'Europe 1.
La Fédération internationale de tennis a organisé jeudi à Paris une cérémonie d’intronisation au "Wheelchair Tennis Hall of Champions". Parmi les représentants tricolores qui font leur entrée au panthéon de la discipline : Florence Alix-Gravellier (joueuse de tennis-fauteuil paralympique la plus titrée de France), Laurent Giammartini (ancienne star du circuit de tennis-fauteuil) et Michael Jérémiasz (quadruple médaillé aux Jeux paralympiques).
Une dotation qui augmente, une médiatisation encore faible
A 55 ans, Stéphane Houdet, ancien vainqueur de Roland-Garros en tennis-fauteuil, continue à jouer et n'est pas encore éligible au "Hall of Champions". "Pour donner un chiffre parlant, quand j’ai gagné mon premier Roland-Garros en 2012, j’ai eu un chèque de 15.000 euros. Aujourd’hui, le chèque est supérieur à 60.000 euros", explique-t-il. En simple, le vainqueur va en effet empocher 68.000 euros.
Si la médiatisation a évolué, le chemin est encore long. À l’été 2024, Roland-Garros avait accueilli les épreuves paralympiques de tennis. Mais force est de constater que la ferveur du public est retombée, souligne Ksenia Chasteau, 20 ans, qui s'est qualifiée pour le dernier carré en simple cette année. "Pendant les Jeux de Paris 2024, j’ai joué sur un court Suzanne-Lenglen rempli en 8e de finale. À Roland-Garros l'année dernière, j’ai eu un Suzanne-Lenglen vide, et c’est la réalité", remarque la jeune femme.
Michael Jérémiasz, désormais consultant à la télévision, le répète d’ailleurs régulièrement : il faut donner davantage de visibilité au para-sport.