Après la défaite des Bleus contre l'Angleterre, Jean-François Pérès estime que certains joueurs ont affiché une attitude "inacceptable" en première période, sans pour autant parler de fronde contre Didier Deschamps. Le journaliste défend aussi le bilan du sélectionneur.
Invité d'Europe 1 Matin, Jean-François Pérès, chef du service des Sports du Journal du Dimanche et envoyé spécial aux États-Unis, est revenu sur la défaite de l'équipe de France face à l'Angleterre (6-4), lors du match pour la troisième place de la Coupe du monde. Il évoque une première période "catastrophique", tout en refusant d'y voir une volonté délibérée de lâcher Didier Deschamps.
Menés 4-0 à la pause, les Bleus ont livré selon lui une prestation "rarissime". "Ça fait des décennies que je suis le football, j'avais rarement vu ça", confie le journaliste, qui évoque une équipe sans envie et incapable de produire "le strict minimum".
Il pointe notamment les prestations de Rayan Cherki, jugé "d'une désinvolture terrible", de Malo Gusto, de Michael Olise ou encore d'Ibrahima Konaté, apparu en grande difficulté psychologique.
"On peut presque parler de trahison", estime Jean-François Pérès, même s'il salue la réaction des Bleus après les changements opérés à la mi-temps.
Pas une fronde contre Didier Deschamps
Pour autant, le journaliste ne croit pas à une rébellion contre le sélectionneur. Selon lui, plusieurs facteurs expliquent cette première période : la déception de l'élimination contre l'Espagne, le manque d'enjeu d'un match pour la troisième place, la difficulté à retrouver de la motivation et le manque de rythme de plusieurs remplaçants peu utilisés durant le tournoi.
Il estime également que le refus de Didier Deschamps d'autoriser une sortie des joueurs à Miami après la demi-finale illustre la volonté du sélectionneur de maintenir le groupe mobilisé jusqu'au bout.
"Il ne faut pas avoir la mémoire courte"
Jean-François Pérès défend également le bilan de Didier Deschamps, contesté par certains observateurs. Il rappelle que le sélectionneur a pris les commandes d'une équipe de France profondément marquée par l'épisode de Knysna en 2010, avant de la ramener au plus haut niveau international.
Champion du monde en 2018, vainqueur de la Ligue des nations et régulièrement présent dans le dernier carré des grandes compétitions, Didier Deschamps laisse selon lui un héritage largement positif.
"Aujourd'hui, on trouve normal que l'équipe de France atteigne les demi-finales. Ce n'est pas normal, c'est le résultat du travail accompli", souligne-t-il.
Zinédine Zidane attendu pour ouvrir un nouveau cycle
À partir du 1er septembre, Zinédine Zidane prendra les commandes des Bleus.
Parmi les principaux chantiers identifiés, Jean-François Pérès cite le renouvellement de certains postes, notamment celui des latéraux. Il évoque aussi la possibilité de voir Warren Zaïre-Emery être repositionné en défense sous le futur sélectionneur.